Xavier Goubet, architecte paysagiste, nous explique cet engouement croissant des français pour les bassins de baignade
Faut-il des surfaces de jardin importantes ?
Cela dépend évidemment du matériel proposé par les fabricants. Un système conventionnel privilégie une zone de filtration et de régénération à hauteur de 70%, pour une surface de baignade de 30%. Dans ce cas, il faudra une surface de terrain plus grande pour bénéficier d’une étendue de nage importante. Aujourd’hui, le fabricant allemand Teichmeister, avec lequel nous travaillons, résout le problème en inversant ces pourcentages. En effet, la surface de filtration est optimisée de manière à réduire considérablement l’emprise au sol. De ce fait, la zone réservée aux plantes et à la filtration atteint désormais les 30%. Vous pouvez profiter de bassin de baignade d’une surface de 70%. Nous pouvons même atteindre les 90% d’étendue de nage. L’avantage réside dans le fait que le plan d’eau biotope n’est pas forcément adjacent à l’espace de baignade. Il est facile de le situer beaucoup plus en amont. Grâce à cette innovation, nous élaborons des piscines naturelles, au cœur d’un jardin de 40m2.
Quelles sont les réglementations spécifiques ?
L’AFSSET (l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail) a travaillé pendant près de deux ans avec des biologistes et autres spécialistes sur le sujet. Jusqu’à présent, il n’y avait que des recommandations. Courant 2010, l’AFSSET éditera des normes, ce qui favorisera l’essor des bassins de baignade et régularisera les constructions, en termes de qualités professionnelles. Aujourd’hui, beaucoup construisent des piscines sous l’appellation « baignade écologique » alors que les systèmes employés sont artificiels.
Nécessite-t-il un entretien fastidieux ?
Le bassin de baignade nécessite un entretien régulier. Nous pouvons comparer cela à un jardin aquatique. Il faut s’occuper du paysage en entretenant les plantes. Pour tout ce qui concerne le plan d’eau biotope, aucune plante ne doit être rajoutée. Les plantes sont des végétaux bien particuliers laissés aux soins d’un professionnel. Le reste du paysage peut être modifié selon vos goûts. La surface de nage, quant à elle, dispose d’un système d’étanchéité apparenté à un liner. Vous pouvez donc le nettoyer avec un robot. Tout dépend du résultat escompté. Certaines personnes préfèrent avoir une eau limpide, occasionnant un entretien plus intense. D’autres laissent verdir légèrement les parois pour un effet plus naturel. Si l’étendue d’eau est proche d’un espace boisé, il est possible de la recouvrir d’un volet roulant, au même titre qu’une piscine traditionnelle, évitant le dur labeur du ramassage de feuilles. Les idées reçues au sujet des bassins de baignade sont souvent erronées. L’eau verte est simplement due aux micros algues qui se déposent sur la paroi. Vous n’aurez jamais de morceaux d’algues qui affleurent la surface, ni par ailleurs de poissons, qui détruiraient l’équilibre de l’eau.
Pourquoi choisir un bassin de baignade ?
En Suisse, en Allemagne et en Autriche, le concept est plus ancien, d’environ 15 ans. En France, l’étang n’était pas encore démocratisé. En 2002, il a été introduit, pour la première fois, par deux architectes, à Combloux, en tant qu’espace public. Dès lors, le déclic s’est enclenché.
La baignade biologique est aujourd’hui dans l’air du temps, dans le sens des préoccupations écologiques, du souci de l’intégration des paysages naturels. Ses atouts majeurs, non négligeables, résident dans l’absence de produits chimiques et dans la contemplation d’un décor sophistiqué. De plus, elle est adéquate pour toutes personnes souffrant d’allergies liées aux produits chimiques, tels que le chlore. Les perspectives et les formes ne sont jamais les mêmes et s’adaptent à chaque construction.







