Les murs végétaux ont défrayé la chronique. Véritables jardins urbains, ils constituent une révolution verticale qui n’a pas fini de faire parler d’elle. Pour preuve ! Ces panneaux muraux nous subjuguent. Mais derrière cette végétation décorative se cache un savoir-faire et de nombreux paramètres à prendre en considération...
Christelle Chaimbault, spécialiste en la matière, nous explique les secrets que recèle cet écosystème, à part.
Quelles sont les utilisations ?
Il peut habiller un mur disgracieux ou une clôture, revêtir une façade de maison, servir de brise-vue ou tout simplement se décliner comme un élément décoratif, en structure autoportée. Généralement, je l’intègre dans le paysage, non pas par pans entiers, pouvant étouffer le décor, mais telle une scénographie évoluant autour d’une pergola...
Le mur végétal prend tout son sens lorsqu’il ponctue la scène extérieure, le mettant d’autant plus en relief.
Quels sont les matériaux utilisés ?
Les professionnels ont le choix des « matériaux » : le géotextile, la gelée, le terreau, la sphaigne... Dans un terme plus général, ils se nomment « substrat », autrement dit, l’élément dans lequel la plante va venir puiser l’eau et/ou les nutriments nécessaires à son développement. Pour ma part, j’ai choisi de concevoir les murs végétaux avec de la sphaigne : une sorte de mousse, à l’origine des tourbières, qui tombent des arbres. Elle a l’avantage
de se comporter telle une éponge, retenant d’autant plus l’humidité, tout en étant neutre, acide, imputrescible et non propice au développement bactériologique. Il faut savoir, qu’il n’existe pas une solution, meilleure qu’une autre, si vous faites appel à un professionnel qui en maîtrise tous les aspects. Si j’ai pris le parti d’utiliser la sphaigne, c’est avant tout parce que cet outil est pertinent et convient bien aux particuliers. Le terreau sollicite le double, voire le triple d’eau, demandant un système d’irrigation plus complexe, le géotextile a tendance à favoriser le gel l’hiver. La sphaigne a ses désavantages.
Contrairement aux autres substrats, elle nécessite un apport complémentaire d’éléments nutritifs, puisque, comme je l’ai préalablement expliqué, c’est un terrain neutre. Pour maintenir à la verticale toute cette installation, les gabions constituent la clef de voûte. Sorte de grillages, d’environ 20 cm d’épaisseur, composés de différents casiers (de dimensions proportionnées à la taille du mur), en fils de fer tressés, ils accueillent le substrat. Cette composition alvéolaire laisse aisément s’épanouir le système racinaire, tout en favorisant la circulation de l’eau. Ce sont les gabions qui seront accrochés à la structure métallique, fixée à la façade ou autoportée, entièrement dissimulés par la végétation.
Comment conçoit-on un mur végétal ?
Tout l’art, dirais-je, repose sur la connaissance des plantes. En effet, il est essentiel d’anticiper leurs réactions. Elles ne réagissent pas de la même façon en position verticale, que sur une surface plane. Il est donc important de savoir de quelle façon elles vont s’épanouir, lesquelles vont prendre le dessus... Pour cela, il faut les avoir vu évoluer au préalable. Les a priori visent les plantes grimpantes ou tombantes. En réalité, celles qui sont bien rondes et compactes sont idéales. Puis, se pose le problème de l’homogénéité, qui dépend avant tout de leur nature et bien sûr des saisons. L’hiver venu, si les plantes sont mal choisies, le mur se dévêt de tout esthétisme. Mieux vaut, donc, incorporer des feuillages persistants, gardant un intérêt en période froide. On jouera, également, sur les floraisons,
au fil des saisons. Certaines seront plus présentes au printemps, pour laisser la place à celles d’été... Sachant qu’au m2, on incorpore 16 à 20 plantes panachées, dont seulement la moitié s’épanouiront, pour un mur végétal digne de ce nom.
On peut considérer qu’il existe deux sortes de murs végétaux : ceux qui sont aménagés en façade sud, par exemple, exposés aux rayons du soleil une grande partie de la journée et les murs intégrés, sous un auvent, une pergola ou un balcon, qui en sont privés. Dans le premier cas, le mur sera d’autant plus fleuri, dans le deuxième, les plantes choisies seront le plus souvent des végétaux d’ombre, restant verts tels que l’Helxine ou la Fougère. On agira, plus, sur le coloris des feuillages, avec des tons pourpres, vert argenté... Il est même possible de jouer sur les textures ! Le dosage de tous ces paramètres est capital, si l’on veut garder la dynamique esthétique du mur. C’est pour cette raison, que même si nous proposons des murs végétaux à composer soi-même, on fournit un plan précis, à l’instar d’un puzzle, où chaque plante trouve sa place.
Qu’en est-il du point de vue de l’entretien ?
C’est très agréable de travailler sur un mur végétal, plus besoin de se plier en quatre ! Cependant, comme un jardin, il nécessite un certain entretien. La première obligation reste bien sûr l’hydratation. Il ne peut y avoir un mur végétal sans eau. Pour une structure de petite taille, à hauteur d’homme, on peut l’arroser manuellement, avec le tuyau d’arrosage ou pourquoi pas un système de bacs en zinc. Un mur de 3 m2 nécessite 40 litres d’eau, par semaine. Pour faciliter la tâche, il est possible, voire essentiel pour les compositions plus imposantes, d’installer une station d’irrigation, gérée par un programmateur électrique ou à pile, qui pilote, en fonction de la dimension du mur, une ou plusieurs électrovannes. Comme déjà évoqué, l’inconvénient de la sphaigne reste l’absence de nutriments. De ce fait,
cela demande un entretien supplémentaire, soit, manuellement, pour les petits murs, en ajoutant de l’engrais liquide pendant l’arrosage, soit par le biais de doseurs d’engrais, reliés à la station. Bien évidemment cette dernière solution apporte des frais additionnels plus importants. Le plus souvent, j’essaye de l’éviter.
La période, qui réclame le plus de temps, reste le printemps. Il faut tenir compte de la chaleur, mais si l’on commence à arroser trop tôt, les plantes pourraient geler. De temps en temps, il est bénéfique d’humidifier les feuilles via un pulvérisateur, surtout pour les murs d’ombre, jamais exposés à la pluie. C’est important de les nettoyer, ne serait-ce pour enlever la poussière, les petits insectes... Car même si la sphaigne est exempte de tout développement bactériologique, la végétation, elle, fourmille de vie. Au printemps, on ne peut échapper à la taille des fleurs, sachant que plus elles sont coupées, plus elles repoussent. Il faut également enlever les feuilles mortes qui ne sont pas tombées... Un tel nettoyage doit s’opérer juste au moment où les nouvelles feuilles commencent à verdir. Nous garantissons la reprise du mur toute la première année, mais le plus souvent, nous intervenons dans l’entretien, à la demande de nos clients.
Est-il purement décoratif ou peut-il avoir d’autres fonctions ?
En toiture ou en façade, le mur végétal aide à la régulation thermique et hygrométrique de la maison et garantit une excellente isolation phonique, très appréciable lorsque l’on a une certaine proximité avec ses voisins.
Effectivement, au-delà de son aspect esthétique, le jardin urbain est un véritable écosystème réconciliant la nature avec la ville. Les abeilles, les oiseaux... y trouvent facilement leurs aises.
Parlez-nous des structures autoportées ?
De telles structures sont idéales pour les locations, puisqu’on ne perce aucun trou dans le mur. Elle est constituée d’un socle, comportant un contrepoids afin que le mur ne puisse basculer. Ce système doit, tout de même, être adossé à un mur, qu’il soit sur un balcon ou une terrasse. Il est important de réfléchir à son emplacement, en amont, car contrairement à ce que l’on peut penser, il ne peut plus être déplacé, une fois posé.
Combien faut-il compter pour un mur végétal ?
Le coût est d’environ 450 euros du m2, fourni - posé. Bien évidemment, cela varie, si vous le montez vous-même…
Mais ce prix ne prend pas en considération le système d’irrigation qui peut vite coûter 1000 euros. Plus vous avez de surface, plus la station est rentabilisée.
Par contre, pour un petit mur végétal de 3 m2, mettre une station d’irrigation, avec doseur, cela reste du gâchis. Mais il faut forcément trouver une alternative. On peut avoir des bacs en zinc qui ont une contenance de 10 litres et une fois par semaine en fonction du besoin du mur, on incorpore les 40 litres d’eau… Il faut adapter à chaque fois, c’est du sur-mesure.
Christelle Chaimbault - Créatrice d’espace naturel 101 rue des Brotteaux - 01700 Miribel www.azvegetal.fr









Commentaires
c'est un article très intéressant,la nature chez soit ,autrement !
Mais pour ceux qui n'ont pas la main verte ou qui ne veulent pas des contraintes dû aux végétaux vivant ,tel que l'obligation d'une exposition ensoleillé,l'arrosage et les petite bêtes qui vont avec;
il y a les tableaux et les murs en végétaux stabilisé .
La stabilisation végétale est un procédé unique totalement écologique consistant à remplacer la sève naturelle par un produit de conservation. Cette substance, proche du sucre, est 100% biodégradable.
Grace à cette technique de préservation naturelle, les plantes conservent leur souplesse et leur fraicheur naturelle sans aucun entretien durant 7 à 12 ans .
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Vous pouvez découvrir des créations uniques et originales sur ce site: http://www.espritsnature.com/
Mais il oublie les bénéfices des végétaux stabilisés !!
Ce procédé unique totalement écologique qui consiste à remplacer la sève naturelle par un produit de conservation permettant aux plantes de conserver leur souplesse et leur fraicheur naturelle sans aucun entretien et sans limite de temps.
Pour un résultat optimal, les végétaux sont stabilisés au moment de leur cycle de vie où ils présentent leur plus bel aspect.
Supprimer tout entretien vous permet de coordonner effet maximal et contrainte minimal.
Voila une entreprise qui le fournit !
http://univertvegetal.com/