Lorsque l’on évoque le monde de la décoration lyonnaise, un nom fait écho : Nadine Borcier, Secrétaire Générale de la chambre Régionale de l’Ameublement.
Fêtant tout juste ses dix sept ans de métier, elle nous fait part de sa vision dans ce domaine, des changements, des évolutions et de l’avenir.
Dites nous-en un peu plus sur votre métier ?
Je le définirais par trois mots clefs : informer – défendre – promouvoir. La Chambre Régionale de l’Ameublement est une réelle interface entre les commerçants du meuble et les chalands. Notre objectif est de valoriser les professionnels, nos adhérents volontaires, mais également de prôner les règles de concurrence, la qualité d’accueil... Depuis une quinzaine d’années, nous nous appuyons sur deux axes majeurs : en juin 1995, nous avons entamé un partenariat avec les associations de consommateurs et notamment le Centre Technique Régional de la consommation (CTRC), avec qui nous avons développé des outils visant à sensibiliser les clients à nos métiers. En corrélation, nous avons signé des engagements afin de les tenir informés sur, par exemple, un bon de commande, les différentes qualités du cuir, le meuble massif, la literie... Car l’objectif premier pointe la satisfaction du client, le fidéliser et bien sûr l’accompagner. Plus précisément, dans le cadre d’un litige avec un commerçant, nous faisons office de médiateur, afin de le dénouer et d’éviter, aux deux parties, une perte de temps occasionnée par le système judiciaire.
Depuis que vous êtes à ce poste, comment percevez-vous l’évolution dans ce domaine ?
De manière extrêmement positive. Et cela des deux côtés de la vitrine. Depuis quinze ans, le contemporain a pris une force et une ampleur considérables. La partie luxe design de haut niveau a le vent en poupe. Mais des changements se sont également opérés du point de vue de la distribution : Ikéa, But et Conforama représentent, aujourd’hui, 40 % du marché du meuble ! Effectivement, contrairement à l’Italie ou même l’Allemagne, nous avons été bien plus longs à nous mettre en marche. Nous devons cette métamorphose grâce aux émissions télévisées, aux locomotives, telles que Ikéa, mais également à cause du contexte insécure, qui nous retranche au sein de nos maisons... L’idée première est de personnaliser son intérieur. Bien évidemment, le changement ne s’est pas réalisé de manière radicale. Les gens ont commencé à remplacer leur mobilier au fur et à mesure... Et à l’heure actuelle, l’offre est résolument différente. Sa profusion de choix n’a d’égal que sa capacité à s’adapter aux consommateurs. Il y a eu une prise de conscience qui nous a conduit à nous réapproprier notre intérieur. Le développement durable a également sa touche personnelle, modifiant les lignes. Et aujourd’hui, le mobilier et l’approche commerçante répondent avec brio aux besoins des gens... On voit également un changement entre le commerçant et le client. Ces derniers ont envie d’acheter et non plus d’être dans une approche de vente. Il est donc essentiel de sortir des préconisations classiques et de répondre à des demandes précises. Le client a envie d’être informé sur les produits, les substances utilisées... Nous sommes devenus arbitre de notre consommation.
Comment Lyon fait face à ce changement ?
Elle a su évoluer, mais depuis peu. Comme évoquée précédemment, la promotion est un outil incontournable. La participation à des événements est notre cheval de bataille. Nous pensons que de leurs impacts émane une forte visibilité, mais également un réel échange. Le secteur de l’ameublement est présent de manière plus générique à La Foire de Lyon (deuxième Foire Internationale de France, après Paris) et de façon plus spécifique par le biais du salon Home, qui se tiendra fin septembre. Parallèlement à ce salon, une exposition sur le design sera retranscrite sur la place Antonin Poncet. Cette année a également été très expressive. Je pense notamment à Arrivetz, ou encore le retour au Quartier Préfecture de l’Art au Carré, qui aura lieu en septembre... J’ai eu le privilège d’être la marraine d’un événement atypique Chic Version Home, très représentatif de cette demande des clients, non plus d’être acteurs d’une relation vente/achat, mais d’être portés par de nouveaux concepts. Et cela fonctionne, les consommateurs répondent présents ! Ces manifestations donnent la possibilité aux marques d’animer leur produit et de montrer leur savoir- faire, en sortant du cadre de leur vitrine. Ces rendez-vous sont le point d’orgue de la profession et la font évoluer dans le sens des chalands. L’arrivée de nouveaux acteurs, tels que RBC, a permis également de booster le secteur du contemporain.
Quels sont les points clefs de demain ?
Depuis cinq ans, le paysage lyonnais a subi de fortes transformations. Cette mouvance est portée par une politique de marques, devenue un élément de différenciation à part entière. Je pense qu’il sera beaucoup plus difficile, à l’avenir, d’émerger indépendamment. Et cela sera également lié au choix du secteur géographique, mais également du point de vue événementiel. Le maître mot : la cohésion. Pouvoir se regrouper est une force, telle que le Quartier Préfecture, le quartier Auguste Comte, en pleine émergence, la RN6... Il est important d’avoir une vision logique d’implantation/secteur, afin de créer une réelle synergie. Les enseignes s’installent dans une notion de pérennité et sécurisent le client par rapport au produit. Nous travaillons également sur la vulgarisation du design, qui se délie du regard purement élitiste. Il devient accessible. Le but n’est pas de tout changer au sein des intérieurs mais de personnaliser via ces touches artistiques. Sans nul doute, Lyon devient réellement réceptive au monde de l’ameublement.
Propos recueillis par Anne-France Mayne
Nadine Borcier Secrétaire Générale de la Chambre Régionale de l’Ameublement Rhône-Alpes 107 cours Albert Thomas - Lyon 3ème








