Les préoccupations quant à l’environnement sont également valables en ce qui concerne la plus précieuse des ressources naturelles : l’eau. L’avenir des nappes phréatiques est plus qu’incertain. Tous les éléments se rejoignent pour affirmer haut et fort qu’il est désormais nécessaire de la préserver.
Si l’utilisation de l’eau sur terre doit être faite avec parcimonie, il suffit dès lors de lever la tête. Certes, on peut toujours attendre un miracle ou tout simplement la pluie.
Qu’en est-il de la réglementation ?
En 2005, des moyens ont été mis en place afin de réutiliser les eaux pluviales. L’intérêt et non des moindre est d’économiser l’eau potable à des fins sanitaires, sans oublier la préservation des sources naturelles.
Jusqu’en 2008, la réglementation se cantonnait exclusivement à l’art. 641 du Code Civil, notant que chaque propriétaire pouvait disposer à sa convenance des eaux de pluie tombées sur son propre fond (toit, terrain...).
Depuis, l’arrêté publié au Journal Officiel du 21 août 2008 précise le type d’installations dites « conformes » afin d’éviter la multiplicité de systèmes ne respectant pas les règles de l’art. L’arrêté a été mis en place pour des raisons sanitaires, puisqu’il n’autorise aucunement la récupération des eaux de pluie dans le but d’alimenter des appareils tels que le lave-vaisselle. Le lave-linge est toléré à titre expérimental. Nos voisins belges l’ont bien compris et ce procédé devient même obligatoire pour toutes les constructions neuves. Bien loin d’être aussi éclairé, ce système se démocratise tout juste en France. Si la récupération d’eau de pluie est recommandée, afin de désengorger les réseaux pluviaux, il n’en reste pas moins qu’aucune taxe n’est payée. A savoir, quand vous utilisez de l’eau de ville, vous payez une part de dépollution aux services des eaux. La récupération d’eau de pluie constitue donc un manque à gagner pour les sociétés de distribution d’eau ainsi que celles des traitements de l’eau.
Le fonctionnement
On retrouve, à l’heure actuelle, différentes techniques qui s’adaptent à l’environnement de votre maison. L’eau récoltée servira alors à alimenter les toilettes, les points d’eau extérieurs, le nettoyage des sols.
Au-delà du simple arrosage de vos plantes, le procédé ne se réduit pas à un simple tonneau fixé sous la gouttière. Les systèmes de récupération d’eau de pluie doivent être mis en place par un professionnel. Ils sont dotés d’un filtre collecteur qui débarrasse l’eau de pluie des débris végétaux. L’eau, ainsi nettoyée, est acheminée vers une cuve, pour y être stockée. La citerne est équipée d’un siphon de trop-plein qui a pour fonction d'empêcher la remontée de mauvaises odeurs provenant du réseau d'eau communale. Il est lui-même protégé par une grille anti-rongeur. Un système de pompage accompagne l’eau dans les canalisations prévues à cet effet jusqu’aux points d’arrivée. Soyez rassurés, un dispositif de disconnexion sécurisé empêche tout mélange avec l’eau de ville. Cependant, les canalisations doivent être bien distinctes. Utilisez des couleurs différentes pour mieux les distinguer.
Il est essentiel de dimensionner votre cuve en fonction de la pluviométrie de votre région, des usages finaux et de votre budget. Pour le reste, c’est votre surface de toiture qui en délimite le volume. Il est possible de récupérer entre 80 à 90 % de l’eau de pluie.
Les différentes cuves
On distingue les cuves en béton des cuves en polyéthylène, surtout au niveau financier. Dans tous les cas, la cuve doit être enterrée afin de protéger l’eau de la chaleur et de la lumière. Ce système évite le développement d’algues. Des branchements entre les différents points vont être raccordés. L’eau sera filtrée deux fois avant de basculer vers votre maison. Les eaux sales sont reconduites vers les égouts. Techniquement, ce genre de cuve nécessite un investissement plus élevé, ainsi qu’une installation plus complexe.
Naturellement acide, le PH de l'eau de pluie sera facilement rééquilibré si le stockage est réalisé dans une cuve en béton, car le ciment alcalin neutralise l'acidité. Mais cela n’a pas d’impact sur l’utilisation que l’on en fait, puisqu’elle n’est pas consommée.
La cuve en polyéthylène est plus légère donc plus facile à installer. Elle n’en reste pas moins résistante, et peut également être enterrée. Mais elle est plus avantageuse financièrement. Elle est plus propice aux usages externes car l’eau contenue est plus acide et non minéralisée.
Le système de récupération permet de limiter de manière importante la consommation d’eau potable. C’est un investissement qui vous permettra de réaliser de fortes économies.
Les modalités d’utilisation de l’eau de pluie, arrêté du 21 août 2008
Il précise que l’eau de pluie collectée à l’aval de toitures inaccessibles peut être utilisée pour des usages domestiques extérieurs au bâtiment, pour l’évacuation des excrétas et le lavage des sols à l’intérieur des bâtiments et, à titre expérimental et sous conditions, pour le lavage du linge.
N’est pas autorisé, l’emploi de cette eau destinée à la consommation humaine. L’entretien est régi par une réglementation stricte. En effet, les équipements de récupération de l’eau de pluie doivent être entretenus régulièrement, notamment, par l’évacuation des refus de filtration. Le propriétaire est tenu de vérifier régulièrement, la propreté des équipements de récupération des eaux de pluie, l’existence de la signalisation des réseaux et des points de soutirage... La réglementation impose la tenue d’un carnet sanitaire et cela même sur les installations antérieures à l’arrêté.
L’entretien
C’est un point qu’il ne faut pas négliger, non seulement pour garantir la longévité de l’installation, mais aussi du point de vue sanitaire. Il concerne toute l’installation.
- La toiture et la gouttière : vous devez vérifier quotidiennement l’état et l’encombrement de la gouttière
- Le préfiltre : il faut se soucier de l’étanchéité des raccords et nettoyer à la brosse les éléments de filtration plusieurs fois dans l’année.
- La cuve de stockage : un contrôle visuel et olfactif de l’eau et des branchements est impératif. Vidangez et nettoyez la cuve tous les 5 à 10 ans selon l’environnement.
- La pompe : une fois par an, constatez l’état de l’étanchéité, du respect de la distance de sécurité entre le réseau d’eau de pluie et le réseau d’eau de ville.
- Les points d’eau et conduites : Ils doivent comporter des pictogrammes visibles « eau non potable » sur les canalisations ainsi qu’aux différents robinets de puisage. Les points de puisages (robinets) devront être sécurisés et verrouillés grâce à une clé amovible.
Crédit d’impôt
En 2010, le crédit d’impôt des mécanismes de récupération des eaux de pluie est de 25 % dans la limite de 8 000€.
Pour limiter les coûts, l’idéal est de l’intégrer lors de la construction de la maison. La liste des équipements a été étendue aux systèmes permettant l’usage des eaux de pluie à l’intérieur des habitations : pompe, réservoir d’appoint, étiquetage et marquage des canalisations et du point de soutirage.




