Protégeant du vis-à-vis, sculpturale, régulière ou sauvage…, la haie structure le jardin avec prestance.
Mais derrière cet épais feuillage, bien des critères sont à prendre en considération : biodiversité, législation, entretien...
Attention aux débordements
Il existe deux grandes familles de haies : les feuillus et les conifères. À l’heure actuelle, la descente de sève est propice au rabattage des haies feuillues, qui vise un élagage en dessous de la taille habituelle. Vous pouvez également en profiter pour couper le gros bois, en son sein. Généralement, lors des tailles d’automne ou de printemps, la haie est rafraîchie en fonction de l’année précédente, de 5 à 10 centimètres en moyenne, au ras des gros bois. Cependant, plus ces derniers poussent, plus ils augmentent la hauteur de tailles, d’année en année. Résultat, il est facile de se retrouver avec des haies de plus de 2 mètres. Seulement la législation, qui diffère en fonction des mairies, peut imposer certaines hauteurs. Le plus important est de faire attention aux fils de téléphones, d’antennes, de ne pas encombrer les trottoirs, les panneaux de signalisation… Cela paraît évident, seulement cette gêne est un combat récurrent, pour les communes. Vous avez le devoir d’entretenir le tour de votre propriété et d’en maintenir l’équilibre. Jusqu’à 2 mètres, la haie est plantée à plus de 50 centimètres du mur et au-dessus de cette hauteur, à plus de 2 mètres du mur, l’ombre portée pouvant nuire aux voisins. Bien évidemment, on perd du terrain, mais vous êtes protégé de tous vis-à-vis gênant. Ces travaux hivernaux visent la préparation et la restructuration de votre jardin.
Biodiversité à l’honneur
C’est également le moment de réorganiser votre haie, qui peut être « mitée », abîmée à certains endroits. Par exemple, sur 30 mètres linéaires, si 5 mètres dépérissent, cela vous donne l’occasion d’arracher et de replanter. Ainsi, au fur et à mesure, dans une optique de moyen terme, vous remplacez votre haie, en échelonnant les coûts. Attention cependant, arracher votre haie entraîne l’accord de votre copropriété, celle-ci obligeant parfois à apporter de l’hétérogénéité. En effet, il est indispensable d’amener de la diversité végétale, avec des couleurs, des floraisons qui diffèrent, en lieu et place du laurier, buis, ifs, Leyland… vus et revus. À savoir, votre haie homogène, sensée durer plus de 30 ans, devient une monoculture intensive, qui épuise le sol, réclamant quotidiennement les mêmes besoins en eau, éléments minéraux… Si cela va de pair avec votre voisin, la copropriété…, l’échelle devient de plus en plus importante et l’on arrive à une surpopulation, tarissant le sol. Une seule variété végétale entraîne, à la moindre maladie ou parasite, leur propagation d’autant plus rapidement. La biodiversité a l’avantage de créer un équilibre, les végétaux répondant à des attentes différentes et faisant office de barrières à l’encontre des nuisibles. La haie devient un lieu qui favorise le développement d’un réel écosystème. Le pire exemple reste le Leyland, interdit en Angleterre, en Belgique et en Suisse. En France, c’est en passe de le devenir. Seulement, ressemblant à un grand conifère, le Leyland a submergé les jardins à une époque pas si lointaine, offrant jusqu’à 1,50 mètre de pousses par an et hébergeant très peu d’insectes utiles.
Bien nourrie
Hier encore, il était préconisé d’enlever les feuilles mortes aux pieds des haies. Aujourd’hui, c’est tout le contraire ! Il est même souhaitable de les rapatrier, afin de constituer du compost naturel dans la mesure du respect de l’environnement. Même au sein de votre haie, vous pouvez laisser les feuilles, pour favoriser la vie biologique et bactérienne. Il n’est pas nécessaire de les bêcher, sauf dans le cadre d’un jardin régulier, à la française. Le compost redonne vie au sol et crée une interaction avec le végétal. Si vous n’avez pas eu le temps d’apporter de l’engrais cet automne, il n’est jamais trop tard pour rendre votre haie plus saine et florifère. Pensez à entretenir votre matériel, pour qu’il soit propre et nettoyé lors de la taille de printemps, au risque de provoquer des maladies.
Hervé Delangle - Jardinier - paysagiste - horticulteur
93 route du Pont Chabrol - 69 126 Brindas
www.arborea-paysagiste.fr








