Toujours plus intelligentes, les solutions domotiques sont en plein essor. Souvent galvaudé, le terme domotique s’assimile le plus souvent à un gadget ou à un coût élevé. Pourtant les avancées actuelles changent la donne et appréhendent le confort, la sécurité avec des budgets plus adaptés. Le point d’orgue : la possibilité de venir en aide aux personnes dépendantes ou aux personnes âgées, de manière significative. Mais la question subsiste : qu’en est-il réellement de la domotique ?
Définition
La domotique ou encore le marché de l’IBT (Intelligence Building Technology) vise avant tout à améliorer le confort de l’habitation ou des espaces de travail. Pour ce faire, un automate, cerveau de la maison, va réunir au sein d’une même interface le maximum de technologies qui fonctionnaient jusqu’alors de manière autonome. Cela englobe la sécurité (incendie, vidéosurveillance…), les énergies ( électricité, eau, lumière, climatisation, chauffage…) et la communication ( transfert de différents flux, internet, audio, vidéo, téléphone…). L’objectif est donc de créer une solution qui va piloter, selon les besoins de l’utilisateur, les différentes fonctionnalités, sous formes de scénarios, de manière simplifier. Aujourd’hui la force de la domotique est intimement liée à l’arrivée massive des interfaces tactiles, au sein de notre quotidien. Les Smartphones, les tablettes… sont devenus, outre leurs fonctions premières, des ponts entre la maison et les automates. On peut donc contrôler aisément toute son habitation, en locale ou à distance, grâce à ces interfaces graphiques intuitives qui s’ajustent à nos attentes. Le résultat : une réactivité fortement décuplée. La clé de ce système réside donc sur la bonne définition de nos besoins. Partant de là, les scénarios domotiques sont pratiquement infinis.
Les différentes solutions
Il est plus facile d’appréhender la domotique au sein d’une construction neuve. Aujourd’hui on parle de maisons BBC (Bâtiment basse consommation) et bien évidemment de la Réglementation thermique 2012. Il est d’ores et déjà impossible d’arriver à ces nouvelles exigences sans passer par la domotique, à plus ou moins grandes échelles. Vous avez le choix entre deux solutions : le système filaire qui intègre des câbles dans les murs et le système sans fil, via les ondes radio. Le premier procédé est plus figé, puisque l’implantation des câbles doit être réfléchi en amont suivant la disposition de vos différents appareils dédiés. Souvent associé à une montagne de fils disséminés dans toute la maison, le système filaire est aujourd’hui associé à un seul et même fil, incluant toutes les données audiovisuelles, sans influer sur la qualité des signaux. Innovation proposée, aujourd’hui, par la société Crestron. Dans n’importe quelle pièce de votre maison, il vous est donc possible de piloter l’intégralité des commandes musicales ou vidéo ! Mais le filaire connaît cependant quelques limites. C’est à ce moment donné, que le système sans fil entre en scène. Il constitue une solution très intéressante, surtout du point de vue de la rénovation. En effet, sur du neuf, le prix du filaire ou du sans fil est équivalent, dû au coût de l’équipement qui vient s’aligner sur celui de la pose. Par contre, dès que l’on parle de rénovation, le filaire n’est plus du tout intéressant. L’avantage du sans fil et non des moindres, c’est sa capacité à évoluer. Il est en phase avec les demandes actuelles, qui prônent la modularité. Partant du principe qu’une maison est censée évoluer, il doit être concevable de changer de place son lit, son canapé, sa table, sans se soucier des prises ou des interrupteurs. Le sans fil est donc tout indiqué, puisque vous pouvez changer tous ces éléments en même temps que votre mobilier ! L’avantage certain de la radio est de pouvoir rajouter au fur et à mesure toutes sortes de fonctionnalités. Bien sûr les commandes principales constituant l’automate sont toujours reliées via un réseau électrique.
Que faut-il choisir ?
Comme dans tous les domaines qui connaissent un essor important, il faut faire très attention aux professionnels à qui l’on s’adresse. Vous trouverez beaucoup de sociétés proposant des produits, sous couvert de la domotique. L’envol des solutions sans fil est également problématique. Ce qui prime dans la domotique, c’est l’interopérabilité. C’est-à-dire de faire dialoguer entre eux tous les appareils et les fonctionnalités. Pour ce faire, il existe ce que l’on appelle des protocoles ouverts ou propriétaires. Les propriétaires sont plutôt bons marchés, mais révèlent une faille. Ils sont comme leur nom l’indique apparentés à un seul fabricant. Au sein d’une même maison, vous pouvez avoir différents protocoles, issus de fabricants divers, qui ne pourront pas interagir les uns avec les autres. Vous disposerez donc de plusieurs télécommandes pour gérer tous vos appareils. Le problème qui peut se poser, c’est si l’industriel dépose le bilan. Dans ce cas, le bâtiment qui inclue la technologie ne peut plus bénéficier du suivi de maintenance. Le protocole ouvert est donc une réponse appropriée à tous vos différents appareils leur permettant de les gérer au sein d’un même système global, à partir d’une intelligence unique.
Innovations
Si le sans fil a peiné à se frayer un chemin, c’est entre autres à cause du problème des piles. Dans une maison standard, on peut trouver aisément une trentaine d’interrupteurs, plus une commande pour les volets roulants, des capteurs de températures pour piloter le chauffage, de luminosité… Autant d’émetteurs qui fonctionnent grâce à des piles. Si certains fabricants garantissent une autonomie de 6 ans, nul besoin de vous dire ce qui se passera si vous devez changer une cinquantaine de piles ! C’est à ce moment, que la société EnOcean entre en scène, en proposant trois technologies radio, sans pile. La première, idéale pour des interrupteurs, utilise le champ magnétique généré par l'impulsion, pour alimenter le système. Sans fil, sans pile, cette astuce a un champ d’action de 300 mètres et accuse environ 150 000 actions, autrement dit, vous suivra pendant près de 30 ans. Les ondes électromagnétiques sont cent fois inférieures à un interrupteur standard filaire. Aujourd’hui un certain nombre de fabricants l’ont intégré. Le deuxième point incorpore les cellules photovoltaïques. Pour les recharger, il suffit de 50 lux (équivalent lampe de 50 watts pendant 3 minutes). La dernière solution, le thermique, ne sera, quant à elle, lancée que début 2012. Ce procédé transforme la différence de température de 1 à 2° Celsius, en énergie. Il est même possible de dégager assez d’énergie pour alimenter un petit moteur, telle une vanne thermostatique.
Mais la domotique peut également signifier la maîtrise de votre jardin, en arrosant, via des capteurs d’humidité, vos plantes ou votre gazon juste comme il faut. Elle introduit également la notion d’éco-responsabilité grâce entre autres, à des capteurs crépusculaires qui vont, en fonction de la diminution ou de l’augmentation de la lumière naturelle, déclencher ou arrêter progressivement votre éclairage intérieur, pour de réelles économies.
Somme toute, la domotique se vulgarise et se démocratise de plus en plus pour répondre aux plus grands nombres de budgets. Plus que cela, elle participe au bien-être des personnes âgées ou des personnes dépendantes, en leur laissant la possibilité de rester chez eux, plus longtemps et de manière autonome. Bref elle ne fait que commencer.
Remerciements
Emmanuel François
Directeur Commercial Europe de l'Ouest EnOcean
et Séverine Aubin
Directrice marketing Crestron








