Dans la Loire, au cœur de la ville, cachée par de grands arbres, une maison revendique son histoire. Venue tout droit du XIXème siècle, elle a su séduire les propriétaires actuels qui ont préservé les fastes de la demeure, en conservant ses atouts et en la sublimant avec une décoration élégante. Avec simplicité, Noël et Marie-Laure nous ouvrent les portes de leur cocon familial.
Le style empire
La maison trouve ses origines en 1850, époque où les plafonds se perdaient au-dessus de nos têtes, mis en valeur par des moulures, des stucs, des cheminées en marbre...
Ce sont les anciens propriétaires qui ont transformé jadis cet hôpital en maison habitable. La façade a tout de suite suscité l’intérêt de Marie-Laure. Elle donne le ton avec des pierres d’angles et ses soubassements en pierres. Pour lui rendre sa splendeur, le couple l’a entièrement rénovée. Marie-Laure a conservé la disposition des lieux en remaniant selon ses goûts et en rénovant les revêtements muraux, ainsi que les sols. Ainsi, l’entrée s’embellit d’un damier noir et blanc en marbre qui suit les lignes du hall. Notre hôtesse a pris le parti de restituer en ces lieux la décoration possible de l’époque, en se questionnant sur ce qu’elle aurait pu être : « nous avons l’impression que la décoration actuelle a toujours fait partie de la demeure ». Elle désirait une entrée dans les teintes sombres, sans pour autant l’obscurcir grâce aux nombreuses ouvertures exploitant une forte luminosité. Le papier peint Flamant ajoute du prestige à ce hall, sans jamais l’étouffer. Afin d’harmoniser cette entrée, l’escalier en chêne massif, pourvu d’arcades et d’une rampe sculptée, a été préservé et laqué en noir, mas- quant le bois clair d’origine, que l’on retrouve néanmoins sur les marches.
Afin d’être au mieux conseillée, Marie-Laure a imaginé la décoration en corrélation avec l’architecte Daniel Gonin. Les consoles et les commodes ont été dessinées par le professionnel dans le style napoléonien et rendues vivantes par un artisan. Pour appuyer ce style classique, les meubles ont été patinés, poinçonnés et vieillis comme s’ils avaient toujours habité la maison, telle la table de la salle à manger qui s’offre face à nous, dans la continuité du hall.
Le parquet en chêne à bâtons rompus d’époque a été entièrement poncé et vitrifié. Afin de ne pas dénoter, les radiateurs modernes se subtilisent derrières des caches esthétiques. Les objets, qui renforcent la décoration de la maison, ont été chinés par Marie-Laure chez différents antiquaires à Balbigny, comme Mme Félix ou à Châteauneuf, découvrant des petites merveilles tels le buffet style Boulle de la salle à manger et les bronzes agrémentant la table. Mais notre hôtesse ne s’arrête guère sur les a priori et trouve son bonheur selon ses coups de cœur à l’instar des fauteuils tapissés de velours noir, qu’elle a chinés chez Emmaüs et restaurés par un artisan. Désormais, ils trônent dans le salon qui nous invite, par le biais de la salle à manger, à venir l’admirer.
cuisine, et rappellent sans conteste l’origine de la maison.
Petit détour dans notre époque
Face au salon et attenante à la salle à manger, la cuisine esquisse des courbes contemporaines. Le carrelage foncé, imitation parquet, met en valeur les meubles blancs, qui occupent toute la hauteur du plafond. Daniel Gonin a dessiné cet espace et imaginé une astuce ingénieuse pour permettre aux propriétaires d’accéder facilement aux placards disposés en hauteur. Il a tout simplement positionné une tringle sur laquelle peut venir s’appuyer une échelle dissimulée derrière la porte. Le plan de travail est constitué de granit brossé mat sur lequel repose une crédence en miroir, accentuant la grandeur de la pièce. Au-dessus de la zone de cuisson, la structure en fer intrigue. Marie-Laure souhaitait casser la hauteur de ce pan de mur où se situe la hotte et a eu l’idée de ce système. Très spacieuse, la cuisine abrite un coin pour les repas quotidiens.
Seul lien entre toutes les pièces distribuées par le hall d’entrée, la douce et chaude peinture des murs.
Tout comme la cuisine, la chambre parentale, à l’étage, dessine des notes plus modernes. Sans fioriture, elle offre des lignes épurées. De part et d’autre de la tête de lit, une ouverture mène directement au rêve de toutes femmes qui se respectent : un dressing imposant où chaque affaire trouve sa place. Les placards sont agencés autour d’un îlot central où sont rangés les accessoires. Les grandes fenêtres plongent directement sur la piscine.
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L’extérieur profite également d’un contexte plus moderne. Entièrement rénovée, la terrasse d’origine n’était pas accessible depuis la maison. Les portes-fenêtres de la salle à manger étaient factices, puisqu’elles menaient droit sur le vide. L’avancée constituée de marches a été créée pour avoir un accès direct sur le jardin. Elle prend appuie sur une pierre claire de Bretagne qui recouvre l’ensemble de la terrasse et la margelle de la piscine. La tonnelle a été dessinée par l’architecte, pour bénéficier d’une surface d’ombre au cœur de cet espace extérieur, abritant les meubles Fermob.
L’instant d’une visite, la sérénité de cette maison a quelque peu arrêté le temps nous faisant oublier l’atmosphère proche de la ville, qui semble nous prendre de vitesse et nous ramener à la réalité, une fois passé le portail de l’entrée.







