En plein centre de la Croix-Rousse, l’appartement de Julie Dumont et Stéphane Erome, mêle des volumes atypiques à la mixité des matériaux.
Ce couple d’architectes a su réunir son savoir-faire, non sans une multitude de contraintes qu’ils ont contournées avec brio, afin de réaffecter cette ancienne usine de papier.
Un défi de taille
Lieu insalubre, à l’origine, les deux architectes sont littéralement tombés amoureux de ce plateau de 150 m2. Coup de coeur : la hauteur sous plafond qui culmine à 7,60 mètres, sous la panne. La difficulté première a été d’imaginer
cet appartement en rez-de-chaussée, afin de profiter des ouvertures existantes, sans être vu des passants. Ils ont alors pris le parti de privilégier la luminosité, opacifiant les fenêtres, renforçant l’esprit cosy, qu’ils désiraient suggérer à l’appartement. Son agencement s’est fait, tout naturellement, en gardant en ligne de mire la pièce principale, bercée par une forte lumière, les autres volumes gravitant tout autour. Le couloir, surface plus sombre, a donc accueilli les espaces de nuit. Inspiré de l’architecture navale, il consolide le côté feutré, appuyé par la tuyauterie apparente, en cuivre et les marches en cascade, irrégulières. Sa linéarité est d’autant plus prononcée, grâce au pan de mur vert et par le parquet en chêne contrecollé, aux lames longues et larges.
La cuisine a suscité une réflexion particulière. Pour Stéphane, ce lieu de vie à part, devait être accueillant, spacieux et ouvert à toute la famille. Il en résulte une surface aérée qui concilie la facilité de circulation et la convivialité, avec un coin salle à manger. Le module noir a été rajouté afin de démarquer l’entrée de la cuisine et d’accueillir le réfrigérateur Smeg (Astral, Lyon 3ème). Stéphane, travaillant beaucoup les matières, a jonglé entre le bois brut, sur le plan culinaire et les intonations métalliques, véritable fil conducteur, que l’on retrouve sur les façades en inox, les huisseries en aluminium, les plinthes gris anthracite, les suspensions industrielles, l’escalier… ajoutant un style plus contemporain.
Jeu de hauteur
Le séjour a été pensé, en deux parties distinctes, séparé par le module en hauteur, cloisonné, accueillant la chambre parentale. En dessous, on retrouve cette notion d’espace calfeutré, cosy, avec le coin salon, bien délimité. Le couple a
privilégié des structures intégrées comme la bibliothèque et l’estrade/banc, afin de favoriser la circulation. Julie désirait varier les ambiances en jonglant sur les couleurs, mais également sur la diversité des objets atypiques, chinés pour la plupart dans des brocantes et chez Benoît Guyot (Lyon 2ème). Ainsi, le miroir style Napoléon III investit la cuisine et la multitude d’accessoires posent le décor.
Le seul endroit épuré reste le volume en hauteur. Une volonté commune de laisser respirer cette surface, pour la mettre d’autant plus en avant. L’unique élément de décoration n’est autre que l’escalier droit, en métal, signé Escaliers Décors (Lyon 6ème). Tel un tableau, il habille le mur et souligne la perspective. Afin de lui donner une meilleure assise, Stéphane a choisi un soubassement en ciment. Il chapeaute le coin bureau, qui se fond dans le paysage, pour lui laisser, la première place.
Les ambiances se mêlent et se tutoient, sans empiéter les unes sur les autres. Les matériaux phares, le bois et le métal, ramènent une homogénéité et une continuité… Au final, nos hôtes ont réalisé un espace, divergeant de tous leurs autres projets, pour s’approprier ce lieu différemment, un lieu qui leur ressemble.








