Vous etes ici : Accueil Visite privée Un loft à l’état brut

Un loft à l’état brut

© Saby Maviel Villeurbanne est une ville riche en histoire, qui a connu de nombreux rebondissements architecturaux. Claude Veyret, architecte DPLG, spécialisé dans la création de lofts, nous ouvre les portes d’une de ses réalisations et témoigne des évolutions des bâtiments de l’époque.

Le quartier des Gratte-Ciel

© Saby Maviel La première partie du bâtiment, où se situent aujourd’hui la cuisine et la buanderie, a été construite juste après la première guerre mondiale pour abriter un atelier de tissage. La seconde partie n’était alors qu’un quai de déchargement, protégé par la verrière. Il faut attendre la création des Gratte-Ciel, dans les années 30, pour voir émerger la deuxième portion du bâtiment, qui a bénéficié de l’apparition du béton armé. En effet, le quartier des Gratte-ciel a été entièrement remblayé, en raison des fortes inondations qui le menaçaient. Le loft a également profité de cette surélévation, d’environ 80cm de hauteur. Toute cette nouvelle partie a été construite en béton armé, avec des piliers, des poutres, des dalles et une toiture terrasse. Par la suite, cet atelier s’est développé, avec l’aménagement d’un étage supérieur abritant les teintures. Le loft actuel servait, quant à lui, à la confection de métiers à tisser qui étaient revendus sur le plateau de la Croix-Rousse. C’est la raison pour laquelle le loft bénéficie d’une hauteur de plafond de 4 mètres et d’une surface globale de près de 350m2. Puis, l’usine a été vendue et transformée en garage automobile.
L’architecte Claude Veyret a alors réhabilité l’usine, morcelant la structure en différents appartements.

Transformation en loft

© Claude Veyret Les propriétaires actuels ont désiré préserver toutes les traces de ce passé. Ils ont conservé la verrière qui signe la transition entre la cuisine et le reste du loft. Ce puits de lumière le façonne et lui confère un charme atypique. La structure a été entièrement isolée et recouverte de placo. Le loft a été aménagé sous la forme d’une croix, où chaque espace accueille une ambiance différente. À l’est, sous l’escalier, se trouve le petit salon. Au nord, le coin poêle à bois profite de la luminosité d’une grande fenêtre, percée plus récemment. Et au sud, trône un espace détente, plus feutré. Au-dessus du petit salon, une dalle en bois a été rajoutée, établissant un deuxième étage scindant les quatre mètres de haut. Afin d’y accéder, l’architecte a créé un escalier imposant de 8 mètres de long, en acier brut, recouvert d’une tôle en aluminium armé, anti-dérapant. Il repose sur l’ancienne rampe du garage, aménagé comme point central du logement. Le revêtement de sol en béton, uniquement sablé et vernis, a été préservé et accentue l’état brut du loft. Ainsi, les propriétaires peuvent contempler les impacts des anciens métiers, les traces des saignées, de bouchardes, des empreintes de pas...
© Saby Maviel L’architecte a joué également sur le côté industriel, avec le métal, l’acier, l’alu et une décoration éclectique. La peinture mono- chrome est, contrairement à ce que l’on pourrait croire, de couleur gris bleuté et non blanche. De ce fait, les murs ne jaunissent pas avec le temps et n’ont pas d’effet miroir éblouissant, très utile, notamment sous la verrière. Pour chauffer cette grande surface, les propriétaires ont aménagé un poêle à bois et ont trouvé un système astucieux pour ne pas laisser l’air chaud stagner en hauteur. De grandes palles fixées au plafond se mettent automatique- ment en route lorsque la chaleur s’amplifie, la redirigeant vers le sol, évitant tout effet mezzanine et des dépenses énergétiques superflues. Les huisseries en aluminium, anti ponts thermiques, conservent cette chaleur ainsi que les doubles vitrages injectés de gaz argon.

« La création d’un loft nécessite la prise en compte de ses origines, de son passé. Il ne faut pas aller à l’encontre de sa structure, au risque de perdre l’état d’esprit principal et d’obtenir un appartement classique. Il est intéressant de concevoir un loft comme un lieu sans cesse en mouvement. L’intérêt est de pouvoir jouer avec les surfaces. La décoration doit respirer et s’inspirer du lieu existant. »
Claude Veyret.

© Saby Maviel © Saby Maviel © Saby Maviel © Claude Veyret

 
Abonnement Domodéco
  • FacebookFacebook
  • TwitterTwitter
  • RSSRss
  • LinkedinYoutube
blogs
  • Chaises musicales !...[+]
  • Un univers à part...[+]
  • Les caves à vin, l’art et la manière...[+]
  • Miroir, mon beau miroir...[+]
  • Flos illumine Lyon...[+]

Recevez chaque mois les nouveautés sélectionnées par la rédaction.


  
  • Bonjour j'aime beaucoup la tapisserie ... [+]
  • Il aura lieu du 12 au 14 octobre 2012 ... [+]
  • Le Salon Home se déroulera à partir du... [+]
  • où se déroule ce salon ? [+]
  • J'aime beaucoup la salle de bain de la... [+]
  • Les plages de piscine...[+]
  • Chambres d’adolescents, défense ...[+]
  • La cuisine suscite toutes les convo...[+]
  • Dressing, un rangement sur mesure p...[+]
  • Les quartiers d’été...[+]
Derniers articles en ligne

En direct des blogs

  • Résurrection d’une grande Dame
    Écrit par Mayne
    Elle a l’art et la manière de maîtriser la matière. Charlotte Perriand, figure majeure du 20ème siècle, dans le monde du design, investit tout le…
    Écrit le Mercredi, 14 Décembre 2011 17:55 Lire la suite...
  • Calligaris, en résonance
    Écrit par Mayne
    Calligaris, marque incontournable dans le paysage italien et lyonnais, accueille depuis les prémices de la Biennale d’Art Contemporain 2011, le collectif européen mixed-médias UCD -…
    Écrit le Mardi, 06 Décembre 2011 19:04 Lire la suite...