DOMODECO - Juin 2017

DOMODECO - magazine n° 73 - Décoration, architecture et design de la région lyonnaise

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L’Atelier des Frères

Réalisation L’Atelier des Frères

Entre filature, tissage et confection

Le tissu et la montagne : un mariage de cœur et de raison. À Bourg Saint Maurice, entre les mains de L’Atelier des Frères, c’est une histoire de passion, de rencontres et de sensibilité qui croisent le regard de la Filature Arpin mais également celui de l’univers textile tout entier. Son créateur, Jean Desmoulière vous livre un aperçu de son monde.

Né à la montagne, Jean Desmoulière est tombé dans le tissu à 22 ans. À la tête de la Filature Arpin pendant 12 ans, ce créateur de textile de formation a fondé L’Atelier des Frères en août 2015, imaginé comme une boîte à outils toujours au service de la Filature, des particuliers, des professionnels de l’architecture et de la décoration. Emmené par son équipe d’artisans et son réseau de compagnonnage, L’Atelier des Frères porte la confection sur-mesure à son apogée : mobilier, tapis, rideaux… Et lorsque nous le questionnons sur son métier, c’est la passion qui parle. On prend !

En montagne, un métier à part

« Avec toute l’expérience que l’on a acquise, grâce à Arpin, nous pouvons affirmer notre légitimité à la montagne, même si cela ne nous empêche nullement d’intervenir « en plaine », comme à l’Hôtel Fourvière, à Lyon. En altitude, il faut voir les choses de manière plus globale, dans un contexte prédominent de villégiature. Nous travaillons la plupart du temps sur des projets en lien avec les propriétaires ou les architectes qui ne sont pas sur place. Dès lors, nous devenons leurs yeux. C’est une question de confiance et de capacité à s’adapter. »

Les matières et tons incontournables

Réalisation L’Atelier des Frères

Réalisation L’Atelier des Frères

Tout d’abord le relief ! Pour Jean, une notion incontournable : « Plus qu’ailleurs, nous travaillons des matières qui ont du relief. Confrontées en permanence au bois ou à la pierre, les textures ne peuvent être lisses. Même dans un spa, nous arrivons à dénicher des tissus en relief qui résistent au chlore ! »

Deuxième élément clef, le naturel : « Les matières en relief font pencher la balance en faveur des matières vivantes. À l’atelier, nous sommes particulièrement sensibles aux textures naturelles et de pair aux talents qui œuvrent dans l’ombre. À l’instar de la laine filée par Arpin, mais également des cuirs que nous personnalisons. Nous collaborons avec la tannerie Maison Tassin, avec le fabricant belge LibecoTM que nous apprécions pour ses lins d’une qualité remarquable. Ou encore la Manufacture Cogolin avec ses tapis et ses moquettes faits à la main ou Holland & Sherry et ses magnifiques flanelles. C’est important de pouvoir jongler entre les matières fines et épaisses, à l’heure où de plus en plus de gens profitent des chalets l’été. Un coup de cœur ?  Oui ! En Angleterre, une série de fabricants développe des laines très colorées qu’il faut suivre de près ! »

Et la fourrure dans tout ça ? « Il faut éviter que cela sonne faux ! Nous travaillons en ce moment des fourrures en agneaux du Tibet, intéressantes sous la forme de tapis ou de coussins, avec un rendu chevelu. Pour les plaids, la fourrure de lapin est idéale. Mais cela demeure l’apanage de l’accessoirisation, au risque d’être un attrape poussière ! » Du point de vue des tendances, le métissage des tissus semble inévitable. Jean Desmoulière corrobore : « Les mixtes lin/laine ou chanvre/laine sont très actuels. Notre métier consiste à dénicher des nouvelles fibres et à ne pas se détourner des tissus plus techniques. Du point de vue de la couleur, on a tendance à les rehausser. L’écru a le vent en poupe pour venir réveiller des bois toujours plus sombres. »

La confection, un vent de modernité

La culture montagne s’inscrit dans l’utile et la fonction : « Ce que nous recherchons dans les tissus, ce sont l’isolation, l’esprit chaleureux et sa capacité à nous protéger de la lumière. En effet, les chalets augmentent leurs surfaces vitrées et de pair la luminosité, déjà forte en montagne. La laine et le lin deviennent des éléments clefs, sous forme de rideaux ou de stores, pour protéger les occupants, mais également le mobilier, les revêtements… »

Et du point de vue de la confection ? : « Nous ne sommes pas aidés par les formes trapézoïdales des fenêtres ! Ce n’est que du sur-mesure ! Deuxième élément important, les coutures. Les matières sont épaisses. En ce sens, la couture doit s’adapter au tissu. Nous essayons toujours d’innover, avec des confections contemporaines. Ces derniers temps, nous voyons notre métier évoluer avec l’apparition de la domotique. Nous devons prendre en compte le savoir-faire technique qui en découle. »

Pour finir, Jean Desmoulière vous confie le secret d’un univers textile maîtrisé : « Il faut toujours rappeler le bois. Raison pour laquelle, nous travaillons en lien avec les menuisiers pour pouvoir créer des ambiances justes, qui dialoguent avec les matériaux. Ce n’est pas le tissu qui cache le bois, ou vice versa. C’est le mariage des deux. »

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