Aujourd’hui, le tissu s’épanche sans aucune retenue. Il évoque son tissage artisanal, sa matière sensuelle, ses reliefs texturés et laisse défiler, sous nos yeux éblouis, ses plus belles couleurs.

Cette année, il nous fait même visiter le monde à dos d’imprimés, de velours, de voilages, de jacquards ou de tissus techniques… et nous livre ses impressions à chaud. Parce que oui, en tant que charmeur invétéré, il se plaît à réchauffer les intérieurs et les extérieurs avec toute l’émotion insufflée par la créativité des éditeurs.

Patrick Frey, créatif de son temps

Et en parlant de créativité, la Maison Pierre Frey ne cesse de nous étonner. À cœur ouvert, Patrick Frey raconte la matière, avec cette étincelle dans les yeux, témoin d’une passion intacte, transmise de génération en génération. Le tissu, comme un roman d’aventures ! La Maison Pierre Frey a ce pouvoir d’attraction rare, aimanté par un esprit familial dont Patrick Frey est le garant. Ambidextre, cet insatiable créatif préserve dans sa main gauche le patrimoine textile français, tandis que de l’autre, il écrit sa vision contemporaine. Depuis presque 50 ans, sans jamais s’essouffler, il porte la direction artistique de cette maison octogénaire au regard si jeune, créée par son père en 1935. Mieux, il ne cesse de surprendre. Tête à tête.

Dans son ADN

Patrick Frey, directeur général de Pierre Frey, entouré, ici, de la nouvelle collection tissu Arapahos, inspirée des tribus indiennes d’Amérique.
Patrick Frey, directeur général de Pierre Frey, entouré, ici, de la nouvelle collection tissu Arapahos, inspirée des tribus indiennes d’Amérique.

Patrick Frey ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre la création textile et culinaire. Il nous parle par métaphores : J’ai l’idée d’une recette. À mes côtés, des petites fées merveilleuses, sans qui rien ne verrait le jour. On ajuste, on mélange. Avant d’envoyer en « salle », je goûte le plat et ajuste l’assaisonnement. La création chez Pierre Frey, c’est une osmose parfaite entre ma personnalité et ma petite équipe. Alors on se plaît à l’imaginer, en chef, dans son bureau parisien, 47, rue des Petits-Champs, dans l’immeuble originel de la Maison Pierre Frey, jadis l’hôtel de Lully. Mais au lieu d’une toque, une coiffe d’Indien !

Là, au milieu des toutes nouvelles collections tissus Arapahos et papiers peints Grand Canyon, aux intonations amérindiennes explicites, nous lui demandons comment il fait pour se renouveler. C’est une question que je ne me pose pas  ! nous confie-t-il avec sa voix souriante. Je suis tombé dans le pot quand j’étais haut comme trois pommes. Appelons cela de bons chromosomes, puis de bons maîtres. Ajoutons à cela une personnalité réceptrice et de l’expérience. Ça aurait pu ne pas marcher  !

Mais la confiture a pris. Aujourd’hui, la création c’est une vraie passion. J’ai surtout eu la chance de commencer très jeune et d’avoir une mère, Geneviève Prou, aux talents de décoratrice incroyables, qui m’a beaucoup formé. Mon grand-père, René Prou était lui-même un grand décorateur (L’Orient-Express et le paquebot Normandie). À 21 ans, Patrick Frey découvre les États-Unis, avec son diplôme en poche de l’Institut Supérieur du Commerce. Et là, une belle personne va parfaire son éducation textile et aiguiser sa sensibilité créative : J’ai appris le métier aux côtés d’une femme absolument fantastique, Zélina Brunschwig – de la maison éditrice Brunschwig & Fils, une égérie de la décoration outre-Atlantique. Et mon père, bien sûr  ! Il a été un maître et il m’a fait confiance, il m’a laissé faire mes erreurs : « pour savoir si tu as du talent ou non, il faut savoir te tromper, alors, fais ce que tu as envie de faire », m’a-t-il dit. J’ai risqué, j’ai osé des ronds, des carrés, des triangles et de la couleur, ramenés dans mes bagages new-yorkais. J’ai créé des motifs, fait des mélanges qui ne se faisaient pas en France, mais encore aujourd’hui en m’interrogeant sur l’essentiel : est-ce que ce tissu est vivable, et ce, quelles que soient les générations ? Et ça fonctionne  ! Immédiatement, l’éditeur attire une nouvelle clientèle, plus jeune. Patrick Frey rebondit : Bien sûr, j’ai fait des erreurs, et heureusement  ! On peut ainsi s’améliorer. Mais je n’ai jamais fait un tissu que je ne revendique pas !

À seulement 25 ans, le jeune Patrick se retrouve donc aux commandes créatives. Seul à bord, c’était une énorme responsabilité  ! J’ai développé rapidement un sens de la réalité. Aujourd’hui, Patrick Frey trouve l’inspiration dans les voyages, l’architecture et surtout pas dans les tendances  ! Cela fonctionne très bien chez d’autres, mais les tendances ne sont pas faites pour nous ! De temps en temps, je fais appel à des talents extérieurs, une nouvelle « main ». Pour moi, c’est la garantie de ne surtout pas reproduire les mêmes choses  ! Le jour où Pierre Frey se répétera, on pourra mettre la clef sous la porte  !

Une maison plurielle

D’autres grands noms emblématiques sont venus rejoindre le navire amiral. Braquenié représente le XVIIIe siècle, Le Manach et ses soieries, les XVIIIe et XIXe siècles et le style Art déco. Tandis que Fadini Borghi fait l’éloge de la Renaissance italienne. Sans omettre Boussac avec sa vision avant-gardiste et technique. Et Pierre Frey dans tout ça  ? C’est le Parisien branché, décrypte le directeur artistique. Ses collections viennent du bout du monde et ont toutes en commun cette capacité à étonner. Mais tout le monde a besoin de racines bien ancrées. Je suis passionné par les archives, ce patrimoine classique transmis par mon père.

La maison Pierre Frey est jeune, seulement 83 ans. J’ai donc repris les maisons Braquenié et Le Manach, d’une, pour préserver ce legs fabuleux et leurs collections uniques au monde, de deux, pour que Pierre Frey ait de véritables racines. Du point de vue des étrangers, la France ce n’est pas Beaubourg, c’est Versailles ! Et lorsque nous présentons les toiles que Marie-Antoinette venait choisir à Jouy, les gens s’émerveillent ! Chacune des marques a son positionnement, son identité qui la caractérise.

Grâce à cela, nous sommes l’un des éditeurs les plus éclectiques. Dernièrement, une toute nouvelle maison vient ajouter une corde à l’arc Pierre Frey : Rosello. Ce fabricant français de mobilier, naît dans les années 30, s’illustre avec une aura familiale et des valeurs chères à Patrick Frey, qui a la liberté désormais de développer sa propre gamme de mobilier sur-mesure. Et toujours, cette volonté d’aller de l’avant, de confectionner dans l’atelier de tissage au nord de la France, de nouvelles matières, de conquérir l’outdoor avec des tissus techniques, d’oser de nouveaux mélanges de fibres et de concevoir des tissus plus faciles à vivre. Mais ce que Patrick Frey aime plus que tout, c’est la présence à ses côtés de ses fils : Pierre, Vincent et Matthieu. C’est un bonheur pour un père de travailler avec ses enfants  ! conclut-il. La Maison Pierre Frey a encore de longues années en perspective !

www.pierrefrey.com

Chapitre Chromatique

La couleur jongle avec les tons sourds, les teintes douces matiérées par la laine ou le polyester et les nuances affirmées par la brillance de la viscose, sans jamais pâlir. Le rose pastel, le céladon, le jaune vieilli, les variations de violet ou de bleu vibrent littéralement sous l’étreinte du textile.

Le violet en filigrane

Couleur de l’année, le violet conjugue toute sa gamme de nuances, oscillant entre le pourpre et le bleu. Finement travaillée, la couleur s’exprime dans la subtilité.

Le bleu narrateur omniscient

Fidèle au poste, le bleu se plie aux variations de la matière. Profond sur du velours, intense sur de la laine, subtil sur un voilage. Il est cette couleur froide aux intonations chaudes.

Mise en abyme

Les voilages ont cette particularité de jouer avec la lumière, domptant les ambiances avec leurs tissages d’une extrême finesse. Ils savent aussi bien flatter un intérieur que dessiner les contours d’un paysage extérieur. Le lin et la soie en sont les dignes représentants.

Enluminures

Sans ostentation, broderies et dessins brochés essaiment sur les murs, sur les meubles et sur les accessoires leur vision 3D, les textures hautes en brillance, avec délicatesse. Et avec eux, cette envie irrésistible de sentir sous ses doigts la matière.

Les incunables

Les fibres naturelles ont un pouvoir d’attraction inné. Instantanément, elles nous renvoient au savoir-faire artisanal, presque séculaire, pour mieux se transformer entre les mains des éditeurs en une note contemporaine. Elles s’entrelacent, s’effleurent, affirmant l’éloquence d’un art.

Recueil faune & flore

Le végétal et l’animal sont au cœur du propos décoratif. Les imprimés s’épanouissent et apprivoisent le langage de la faune et de la flore, avec un brin de fantaisie. Les couleurs sont rayonnantes et façonnent la nature sous un tout nouveau jour.

Récits de voyage

2018 est résolument placée sous le signe de l’évasion. Chaque marque, à sa manière, nous emmène dans de lointaines contrées, suivant les traces de l’excellence. Indonésie, Amériques, Japon… les maisons d’édition nous font voyager dans l’espace, mais également dans le temps.

Journal de bord

Il n’a plus aucune frontière  ! Le tissu peut découvrir le monde et le domestiquer comme bon lui semble. Technique, il force sa nature délicate, résistant désormais aux caprices climatiques. Sous l’eau, il embellit, bercé par les rayons du soleil, il exulte.

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