C’est l’histoire d’une maison construite en 1920, trépignant d’impatience de trouver le regard neuf qui pourrait tout changer… Pour son plus grand bonheur, elle n’en a pas eu un mais deux ! Celui de Charlotte Bollard et de Victoria Torikian.

Et si le duo d’architectes a su lui redonner ses lettres de noblesse, c’est tout simplement parce que leur complicité parle d’elle-même. Cette rénovation de 220 m2 est le fruit d’une parfaite convergence entre un lieu, les architectes et nos hôtes : Nathalie et Franck.

Une âme retrouvée

Ce sont bien les doutes, quant au potentiel de cette maison, qui ont conduit Nathalie et Franck à solliciter l’oeil éclairé du binôme d’architectes : « Peut-on vraiment modifier cette maison en un espace de vie qui nous ressemble ? ». La réponse… Elle s’est tout simplement imprimée sur les visages impressionnés de Charlotte et Victoria dès leur première visite : « Nous avons été immédiatement charmées ! En l’état, c’était un véritable coffre aux merveilles : des authentiques fenêtres mouton et gueule de loup, des radiateurs en fonte décorés, des carreaux ciment, un escalier balancé… Le haut de gamme de l’époque ! Il y avait une âme qui n’aspirait qu’à revenir à la vie. » Une vision décisive pour l’achat final.

Dès lors, les esquisses voient le jour en lien avec les attentes des propriétaires. Pour Victoria, « Respecter le lieu était essentiel. Nous avons pu conserver l’ensemble des éléments de valeur et surtout les menuiseries. Nathalie et Franck y tenaient particulièrement. À savoir, il n’est pas toujours possible de réhabiliter des fenêtres. L’épaisseur du bois peut ne pas supporter un double vitrage. Dans ce cas précis, nous avons eu la chance de pouvoir les conserver, de la chance… et surtout de notre côté le savoir-faire de l’entreprise Menuiserie de L’Ouest (Craponne) ! ».

À Charlotte de rebondir : « La réussite de ce projet a été possible grâce aux artisans qui ont réalisé avec maestria un travail de restauration et de création. » Même les radiateurs décorés ont pu être récupérés : « Ils étaient malheureusement peints en blanc. L’entreprise Frédéric Matt (Lissieu) a su retrouver leur teinte originelle et incorporer de nouveaux robinets manette afin d’assurer un excellent fonctionnement. » Et qu’en est-il des sols ? « Les carreaux ciment étaient magnifiques et partiellement en bon état. Néanmoins, le plancher rayonnant intégré au rez-de-chaussée, n’aurait pas pu supporter des carreaux de 2 cm d’épaisseur ! »

Elles ont alors quelque peu triché en les remplaçant par des grès cérames contemporains, choisis avec Bernard Ceramics (Tassin-La-Demi Lune) pour le vestiaire et la cuisine. Quand au reste du sol, il revêt un parquet en chêne massif plus adapté, déniché chez Alliance Bois (Tassin-La-Demi Lune). « Nous avons réincorporé les carreaux existants en créant des « tapis » de part et d’autres de la maison, dans la chambre d’enfant ou encore dans le couloir du premier niveau… » Concernant l’escalier, le parti pris de départ visait une structure plus moderne. Les artisans ont conseillé de le garder. Il a donc été structurellement renforcé par des profils métalliques sous les trémies d’ouvertures, avec une attention toute particulière sur les marches redécouvertes. Un travail de ponçage que l’on retrouve également au premier étage sur le parquet existant.

Une boîte à idées d’aujourd’hui

À l’origine, le tandem avait prévu de ramener la cuisine au coeur du rez-de-chaussée, en lien avec le living. Cependant, nos hôtes désiraient créer un véritable dialogue avec la terrasse et le jardin situés en façade nord… De cette volonté, les architectes ont eu l’idée de cette boîte, qui a changé toute la donne ! Le dialogue désiré entre l’espace culinaire/salle à manger a trouvé sa pertinence dans l’insertion d’une verrière en aluminium de 4 mètres de long, au nord. Au sud le living s’est vu auréolé d’une assise généreuse et d’un maximum de lumière.

Au milieu, « cette structure s’est naturellement imposée, imaginée comme un pôle central à même de dissimuler les parties techniques et de lier les espaces en démultipliant la fluidité de circulation. Elle offre de belles perspectives transversales et périphériques, accueillant le dressing invité, mais également les sanitaires, le cellier, le bureau, la cheminée et de précieux rangements, dans seulement 15 m2 ! » Somme toute une solution idéale, qui libère les pièces de jour de portes et offre une liaison visuelle permanente entre la cuisine et le salon.

Cette boîte témoigne du travail exceptionnel en matière de menuiserie, fourni par La Fabrique (Francheville). Un agencement sur-mesure au service de la circulation et de l’optimisation, que l’on retrouve dans l’aménagement de la cuisine et à l’étage. Les garde-corps se matérialisent par des niches décoratives en lieu et place des cloisons originelles, qui obstruaient la lumière. Du côté de la suite parentale de 28 m2, située en façade nord-est, le dressing a été conçu comme un trait d’union menant tout droit à la salle de bains.

Un confort maîtrisé

L’intégralité de la maison a été isolée en laine de verre, jusqu’aux combles. « À l’origine, les propriétaires désiraient aménager les sous-pentes dans un deuxième temps. Nous leur avons conseillé de profiter des travaux de rénovation, afin d’amoindrir les coûts d’un chantier ultérieur. » Aujourd’hui, c’est un espace de vie supplémentaire de 60 m2, avec trois chambres et une salle de bains. Mais cette enveloppe de laine de verre supplémentaire et l’insertion de double vitrage ont nécessité par précaution l’ajout d’une ventilation, afin d’éviter toutes problématiques de moisissures. Les clients ont opté pour une VMC double flux, afin de ne pas puiser l’air à l’extérieur au risque de perdre quelques degrés l’hiver.

Mis à nu, les murs ont pu accueillir tout le réseau filaire nécessaire à l’intégration de la domotique. Grâce à l’expertise d’AC2R (Charbonnières), experte dans ce domaine, la demeure peut être pilotée à distance, via tablettes et smartphones. Luminaires, pompe à chaleur, VMC, sans omettre l’intégration sonore multiroom (Sonos) ou encore le système de sécurité par vidéo-surveillance, réalisés par l’entreprise… tous ces éléments sont régis par des scenarii pré-enregistrés en fonction du mode de vie de Nathalie et Franck ! Victoria se remémore : « C’était impressionnant de voir cet ensemble de câbles parcourir les murs. Je n’imaginais pas qu’il soit possible de domotiser à ce point une maison de 1920 ! Le résultat est bluffant et totalement invisible. »

Une rénovation aboutie jusque dans la décoration, terrain de prédilection de Nathalie ! Entre chine aux Puces du Canal, coups de coeur chez Simone Sisters (St Genis Laval) pour les marques House Doctor, Ferm Living, Muuto, jusqu’au linge de maison signé Baralinge (Lyon 9ème)… cette maison est jusque dans les moindres détails le reflet de ce couple.
Budget total : 350 000 euros TTC

Un regard Commun

Impossible d’aborder le travail de Charlotte et de Victoria sans évoquer leur histoire, qui semble avoir toujours été étroitement liée ! Elles se connaissent depuis l’âge de 15 ans. Mais leur complicité professionnelle est née sur les bancs de l’école d’architecture de Lyon, l’ENSAL. « Dès le départ, lorsque nous réalisions des sujets toutes les deux, tout fonctionnait ! » Mais leur vision si complémentaire aujourd’hui est le fruit d’expériences en solo. Pour Victoria, c’est un peu différent. Elle signe la troisième génération d’architectes, son grand-père Félix Brachet à l’origine de plus de 90 immeubles sur Lyon ! Autrement dit, elle est née avec un crayon dans la main ! Elle a conforté son apprentissage au sein du cabinet familial, avant de créer son agence Victoria Brachet-Torikian Architecture.

Charlotte quant à elle a puisé sa créativité en parcourant le monde. De ce voyage si enrichissant, elle a créé son agence Ilo Ilo Architecture et en parallèle, avec la complicité de deux amis Julien et Pierric, le concept SLO Living Hostel, l’auberge de jeunesse nouvelle génération… Aujourd’hui, elles ne peuvent s’empêcher de se retrouver sur des projets communs ! Pour elles, la rénovation est un juste équilibre entre ancien et moderne. « Ce n’est pas parce que l’on insère des éléments actuels que l’on dénature un bien. Bien au contraire. Il ne faut pas s’enfermer dans un temps passé et faire des raccourcis en associant obligatoirement âme et ancien ! À l’heure actuelle, il serait dommage de se priver des avancées techniques et des innovations qui sont loin d’être dépourvues de charme ! »

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