Dans l’Ouest lyonnais, cette réalisation pose les fondements d’une nouvelle ère. Hors des sentiers battus, elle a littéralement fait peau neuve en marge de son style « Île-de-France » d’origine.

Avec un allant certain pour ce nouveau défi, les architectes Nils Degrémont et Laurent Mayoud ont imaginé un projet d’une intelligence conceptuelle innovante. Résultat : un caractère contemporain assumé, bien loin des maisons pavillonnaires de ce secteur résidentiel.

Le projet utilise l’avancée du forget pour reprendre l’isolation des murs et accueillir la structure acier, supportant la couronne périphérique supérieure. Ces perspectives axonométriques permettent d’avoir une vue d’ensemble du projet et le principe de fonctionnement.

 

– Les différentes étapes du chantier –

Idée lumineuse

Un magnifique terrain arboré et une maison de belles dimensions, avec ses 280 m2.
Un magnifique terrain arboré et une maison
de belles dimensions, avec ses 280 m2.

Un magnifique terrain arboré et une maison de belles dimensions, avec ses 280 m2. L’ombre au tableau ? L’architecture désuète, la véranda freinant l’accès à la piscine et l’isolation, datant des années 1970 – autant dire inexistante. Les propriétaires recherchent une solution pour pallier ces problématiques qui ternissent leur confort de vie. Ils se tournent vers l’agence d’architecture Playtime, sans se douter de ce qui les attend !

Parce que oui, lorsque l’agence entre en jeu, c’est un peu comme une aventure, premièrement humaine, puis introspective et résolument créative. Nils Degrémont se souvient : Nous avons commencé par montrer nos réalisations précédentes, pour que les clients se rendent compte de notre vision de l’architecture. Nous n’avons pas d’a priori sur les formes, mais nous sommes bien loin de concevoir des maisons de type méditerranéen ! Dans ce cas précis, il fallait opérer une petite révolution, pour que le projet ait un réel intérêt et une valeur ajoutée. Et ce n’est pas si évident ! Pour les maîtres d’ouvrage, s’engager dans des travaux, c’est presque un acte de foi. Cette réalisation a été possible grâce à la confiance que nous a accordée cette famille et à sa sensibilité pour l’architecture contemporaine. À nos côtés, ils ont porté le projet.

Mais avant de se jeter dans la mise en œuvre, la genèse de l’histoire tourne autour de nombreuses esquisses. Nous avons soulevé de nombreuses hypothèses ! Nous aurions pu partir sur une extension, mais au vu de l’existant, cela n’aurait pas été pertinent et nous aurions dû, quoi qu’il arrive engager des travaux de rénovation dans le bâtiment principal, souligne l’architecte. C’est dans la nécessité de refaire l’isolation que l’agence Playtime a trouvé la source de son idée lumineuse et de l’enjeu architectural.

Comment ? En créant un socle en bois, à même d’unifier l’assise, prolongé à la verticale par une superstructure masquant l’étage jusqu’au toit, et ce, sans modifications structurelles importantes. Une manière ingénieuse de balayer la véranda, au profit d’une pièce de vie généreuse entièrement tournée vers la piscine, en changeant de facto l’orientation de la maison, via une reprise en sous-œuvre de grandes poutres permettant d’ouvrir le pignon. Et surtout, de répondre intelligemment au budget incompressible de 200 000 euros HT. Si nous avions modifié ne serait-ce que la charpente ou isolé par l’intérieur, les travaux auraient dépassé les 300 000 euros. Cette solution d’enveloppe était la plus intéressante et la plus rentable, confirme l’architecte.

Rajouter des fenêtres contemporaines sur ce style de maison déforme les proportions. Avec cette peau extérieure, nous avons pu modifier la forme sans toucher au fond, avec un nombre de mètres carrés inchangé.

Glacage bois et structure métal

Au rez-de-chaussée, le caisson en pin non traité et non raboté utilise une structure simple, fixée sur les poteaux acier de la couronne supérieure. Le bardage revêt une peinture de Falun, économique, à base d’huile de lin cuite, empruntée aux Suédois, qui préserve le bois et la teinte pendant 5 ans et de surcroît s’applique très facilement. Cette peau de bois crée une frontière et une épaisseur dans le mur, formant un seuil physique important pour l’utilisateur, explique l’architecte.
Au rez-de-chaussée, le caisson en pin non traité et non raboté utilise une structure simple, fixée sur les poteaux acier de la couronne supérieure. Le bardage revêt une peinture de Falun, économique, à base d’huile de lin cuite, empruntée aux Suédois, qui préserve le bois et la teinte pendant 5 ans et de surcroît s’applique très facilement. Cette peau de bois crée une frontière et une épaisseur dans le mur, formant un seuil physique important pour l’utilisateur, explique l’architecte.

Reprenant l’épaisseur du débord de toit, le caisson en mélèze, de 60 cm d’épaisseur, façonné par le charpentier-couvreur Lanzetti, ceinture l’intégralité de la bâtisse, fixé sur une ossature en acier galvanisé. Sa création a permis d’intégrer une isolation classique par l’extérieur ainsi que de grandes ouvertures à galandage (Installux) reliant le jardin à l’espace de jour principal. Rajouter des fenêtres contemporaines sur ce style de maison déforme les proportions. Avec cette peau extérieure, nous avons pu modifier la forme sans toucher au fond avec des mètres carrés inchangés, explique Nils Degrémont. Ainsi, l’intérieur est connecté au jardin tout en respectant un parfait équilibre visuel. De pair, les architectes ont créé une réelle continuité entre le salon, la cuisine et la nouvelle salle à manger, auparavant cantonnée à la véranda. Côté nord, la structure a offert la possibilité de concevoir un porche, protégeant l’entrée principale de la pluie par le biais d’un système de toit PVC transparent à l’air, mais imperméable à l’eau et invisible.

Cerise sur le gâteau

L’écran, d’un blanc immaculé, contraste avec la présence monolithique de la boîte en bois et s’amuse avec la perception ; opaque ou diaphane, selon l’incidence de la lumière ou même réfléchissante. Sans acrotère ou débord de toit, cette envolée verticale abstraite finit de dissimuler les traces de l’architecture existante et notamment les chiens-assis, tout en laissant la lumière naturelle filtrer à l’intérieur.
L’écran, d’un blanc immaculé, contraste avec la présence monolithique de la boîte en bois et s’amuse avec la perception ; opaque ou diaphane, selon l’incidence de la lumière ou même réfléchissante. Sans acrotère ou débord de toit, cette envolée verticale abstraite finit de dissimuler les traces de l’architecture existante et notamment les chiens-assis, tout en laissant la lumière naturelle filtrer à l’intérieur.

Le caisson en bois a permis d’étirer la structure métallique vers le haut et de créer un masque en tôle d’aluminium micro-perforée RMIG. Un travail d’orfèvre, minutieusement réalisé par Mondial Métal, qui a nécessité une précision pratiquement horlogère dans la conception et le dessin des architectes. C’est tout l’enjeu de ces projets, confie Nils Degrémont. Il faut des professionnels qui travaillent au millimètre près pour une exécution parfaite. C’est cette démarche qui nous caractérise, cette recherche du détail et ce dialogue permanent avec les entreprises. Tous les éléments ont été pensés en amont, du calepinage du bardage au joint creux soulignant imperceptiblement la ligne de démarcation entre les matériaux ou encore la seconde ossature apparente, en inox poli miroir, insufflant un côté précieux, jusqu’aux pliages des panneaux métalliques.

En regardant de plus près, cet écran, d’un blanc immaculé contraste avec la présence monolithique de la boîte en bois et s’amuse avec la perception ; opaque ou diaphane, selon l’incidence de la lumière ou même réfléchissante. Sans acrotère ou débord de toit, cette envolée verticale abstraite finit de dissimuler les traces de l’architecture existante. Nul besoin de partir trop haut et d’augmenter le budget, décrypte Nils Degrémont. Les propriétaires n’aperçoivent jamais le toit. Raison pour laquelle nous avons opté, en toiture, pour la technique du sarking, avec une sur-isolation en laine de bois, revêtue d’une couverture en acier industriel simple. Ainsi, la famille a pu évoluer dans la maison pendant toute la durée des travaux, soit 10 mois. Ils ont gagné en confort de vie avec un investissement moindre, offrant au bien une plus-value
certaine.

Une simplicité complexe qui s’inscrit aujourd’hui comme une évidence. Le credo de l’agence d’architecture Playtime.


Photographe Erick Saillet.

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