Ce n’est ni la première, ni la dernière fois que l’on associe l’exercice « Carte Blanche » au studio d’architecture d’intérieur Claude Cartier. Les collectionneurs d’art Sylvie et Jean n’ont pas hésité à solliciter cette faculté d’« expression libre » pour repenser leur espace de jour.

Une confiance qui s’illustre par un dialogue décoratif cultivé. En tandem avec Fabien Louvier, architecte d’intérieur, la décoratrice lyonnaise a su insuffler une réelle rythmique aux espaces à travers un tête-à-tête entre l’architecture, les œuvres d’art, les pièces de mobilier, les matières et les matériaux, taillés dans le roc de cette maison contemporaine.

Changement de rythme

Installés  depuis 2010 dans cette architecture actuelle, réalisée par l’agence d’architecture lyonnaise Martin & Martin, nos hôtes ont vécu cinq années dans les bottes décoratives monochromes des précédents propriétaires. Collectionneurs avertis, ils ont jusqu’ici laissé la parole aux tableaux et aux sculptures, sélectionnés au sein de la Twenty Two Gallery, sans apposer leur griffe. En 2015, ils décident d’appréhender le lieu avec une vision plus identitaire, en lien avec leurs aspirations.

L’univers de Claude Cartier nous a toujours séduit

Pour Sylvie, ce défi ne pouvait être relevé que par une personne… « Nous avions fait appel à Claude Cartier, dans le cadre d’une réalisation préalable. Son univers nous a toujours séduits. Même si à cette époque, nous commencions à peine à entrevoir les possibilités qu’offrait la décoration, Claude nous a appris à aiguiser notre œil et à découvrir les subtilités de cet univers. Nous avons passé beaucoup de temps dans son show room, à nous imprégner mutuellement de nos sensibilités communes pour le goût des belles choses. Instinctivement, elle a décelé nos affinités pour tel ou tel designer, nos ressentis selon les textures, les couleurs…  De cet échange, est né cette composition qui nous correspond en tout point. » L’approche originelle des espaces intérieurs était plus uniforme. Avec pour volonté de réveiller et réchauffer les volumes, Claude et Fabien ont imaginé une nouvelle rythmique décorative.

Echo entre designers et artistes

Claude conçoit les intérieurs comme une conversation. Là où vous ne voyez qu’un canapé, elle crée une réponse à un besoin identifié. Là où vous pensez voir une porte, elle exprime toute l’éloquence d’un espace fonctionnel… Rien n’est laissé au hasard. En ce lieu, la première rythmique visuelle se matérialise par le jeu des percées au plafond, afin de marquer les volumes. Des percées en forme de L qui structurent l’espace horizontalement, mais également verticalement, via le module foncé, mettant en perspective depuis le living, la cuisine. Les chromatiques prennent également la parole entre les peintures Ressource et le mobilier. Les jeux de matières participent à l’élégance du décor. Clin d’œil aux pièces picturales présentes, le papier peint Toile d’Artiste d’Elitis, révèle via sa trame filaire toute l’assise de la cheminée panoramique, ainsi que le tableau de Thierry Carrier. Acteur de cette scène, le mobilier offre son relief éclectique.

Le choix de la marque Baxter est le fruit d’un véritable coup de cœur

Pour Claude, « le choix de la marque Baxter, fortement présente, est le fruit d’un véritable coup de cœur. C’est une signature vraiment exceptionnelle, qui a immédiatement attirée l’attention de Sylvie et Jean, avant même que je ne l’expose au show room. Même si les pièces semblent stylistiquement différentes, elles expriment une identité commune, via le travail d’orfèvre, propre à la marque italienne, sur les revêtements en cuir. Capitonnée, imprimée, teintée, tannée, la matière noble distille toutes ses subtilités, loin des codes usuels. » Les dimensions éloquentes de ces assises – le canapé Chesterfield affichant 3 mètres – finissent de scander l’espace de jour.

Leur forme différente répond de pair aux attentes des propriétaires. Sylvie souhaitait un décor qui soit tout autant agréable et fonctionnel pour deux personnes que pour dix. Le couple peut recevoir leurs amis dans une configuration propice à l’échange ou lire tranquillement au coin du feu, ensemble, confortablement installés sur le massif sofa Damasco, à la lumière des lampes Mouille. Où que nous nous positionnions, la maison offre un paysage différent, auréolé de deux patios éclairant l’espace cuisine, la master suite, également de pied pied, faisant face à la salle à manger. Cette dernière conjugue la géométrie à tous les temps. En premier lieu, elle s’émancipe des tables rectangulaires linéaires classiques, afin de privilégier la rigueur carrée, assouplie par les rondeurs du lustre Vertigo et la vision fluide de l’œuvre de Fernando Baccala, qui se reflète l’un et l’autre dans le miroir mural. Nous retrouvons la forme en L, caractéristique du travail effectué sur les volumes, matérialisé par un rangement invisible, réalisé par La Fabrique (Francheville).

Subtile, la table Maxalto en métal laqué entre en résonance avec le hall d’entrée, réinterprété avec force. La porte pivotante en métal brossée insuffle une nouvelle dimension, tout en dérobant l’accès à un vrai vestiaire invité. Tandis que l’envolée de la montée d’escalier se distingue par la trame métallique du papier peint Elitis déclinant le matériau froid dans ses subtilités les plus chaudes, mettant en perspective la scène épique en 3D de l’artiste Yoann Merienne.

Table en acier Maxalto, entourée des chaises Hans J. Wegner - Oeuvre de Fernando et lustre Vertigo, Petite Friture - Photographe Erick Saillet
Table en acier Maxalto, entourée des chaises Hans J. Wegner –

Oeuvre de Fernando et lustre Vertigo, Petite Friture – Photographe Erick Saillet

Chaque mobilier positionné est le fruit d’une réflexion intime entre la fonctionnalité, la contemplation d’un tableau, le quotidien, modulée par des pièces nomades, à géométrie, textures et dessins variables.

Pour Sylvie, une véritable révélation : « Ce qui m’a plu, c’est sa faculté à penser le mobilier, la matière en fonction des volumes, à créer des liens entre l’art et le design… Une relation que nous souhaitions retrouver chez nous. Il est particulièrement difficile de prendre du recul au sein de son propre intérieur dans lequel nous avons pris nos marques au quotidien. Je redécouvre ma maison. Je me rend compte que de nombreuses zones étaient inexploitées. Claude a révélé des points de vue existants et en a créés. Aujourd’hui ils nous apparaissent comme une évidence. »

Réalisation Claude Cartier Studio
Architecte d’intérieur et décoration
25 rue Auguste Comte – Lyon 2ème
04 78 62 86 20

Photographe Erick Saillet.

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