Un grand écart entre le XIXème et le XXIème siècle. Au milieu ? L’œil averti de David Burles. Le créateur de l’agence d’architecture Dorga Studio n’a pas hésité à remettre au goût du jour la prestance de cette maison de maître, aux portes de Lyon.

L’aspect patrimonial a été conservé et même valorisé, non sans inscrire la réalisation dans la modernité, avec un système de boîtes… Un an et demi. Il n’en fallait pas moins pour redonner à cette maison de 840 m2 tout son lustre intérieur et extérieur. L’objectif premier était d’actualiser les lieux, tant dans l’aspect esthétique que dans la configuration des pièces. Pour David Burles, « les changements ont été considérables, mais sans jamais dénaturer l’âme de la demeure. Tout ce que l’on a pu remettre en état a été conservé: parquets, mosaïques, stylobates, corniches, boiseries, modénatures patrimoniales… De concert avec les hôtes, nous avons pris le parti de garder son identité, mais en réorganisant les espaces de telles sortes que la bâtisse puisse fonctionner comme une maison de famille. Le scénario était idéal. J’ai visité le bien avec les propriétaires, avant l’achat. Nous nous sommes projetés ensemble, avec pour fil d’ariane, la conservation, la mise en valeur et l’agencement. »
Comme toutes les demeures bourgeoises de l’époque, il n’y avait pas de hall d’entrée à proprement parlé, mais une distribution centrale affirmée par un escalier généreux. Dès lors, l’entrée de service et l’entrée frontale configuraient la rythmique des zones de jour. Ainsi, en partie est, l’accès secondaire limitrophe à la dépendance, s’ouvrait sur la souillarde, en d’autres termes la cuisine. Se succédaient la première grande pièce, matérialisée par la salle à manger, puis le majestueux salon de réception et accolé, un fumoir.

« En l’état, la maison n’était pas fonctionnelle. La position actuelle des pièces s’est imposée naturellement. Nous avons réhabilité l’entrée de service en accès principal, accueillant en premier lieu un bureau. Afin de supprimer la télévision de l’espace réception, un salon intermédiaire a été imaginé pour accueillir tout le confort Home Cinema actuel. La seule implantation conservée : le salon de réception, situé sur la travée centrale légèrement saillante en façade. Le sol en mosaïque de marbre du début du XXème siècle a pu être restauré. Certaines cheminées malheureusement n’ont pu être préservées. Raison pour laquelle, nous avons subtilisé à l’espace nuit la cheminée principale en marbre. Volontairement, les plafonds arborent une mixité. Au centre, le faux-plafond enchâsse les fluides et gaines techniques, laissant en périphérie les moulures d’origine. Côté ouest, le lien avec la terrasse et le jardin assoit logiquement la cuisine, où trônait l’ancien fumoir. Notre hôtesse ne désirait pas de salle à manger d’apparat, mais une seule et même pièce fonctionnelle ouverte sur l’extérieur. »

Jeu de boîtes modernes

La signature de cette rénovation s’inscrit dans un concept de boîtes modernes ouvertes, disséminées de part et d’autres de la réalisation. Trait d’union entre le passé et le présent, ce travail de rupture met en lumière tout le bien-être actuel. La suite parentale, chambre de maître originelle, en est le parfait exemple. Conçue comme un appartement à part, la master suite réunit pas moins de trois pièces existantes pour asseoir ses 80 m2, situés à l’angle de la façade est, côté parc arboré. Ici, le cube se concrétise par la salle de bains, jonction entre l’espace nuit et le dressing. Accessible uniquement par ses deux extrémités, la salle d’eau prône la modernité en toute élégance, avec sa baignoire îlot et ses vasques Domovari, sa robinetterie Fantini, l’ensemble habillé de grès cérame choisi chez Denis Minakian Diffusion – Plattard Carrelages (Lyon 6ème) et d’un travail d’ébénisterie sur-mesure.

« Nous sommes au coeur d’un jeu de boîtes. Il exprime de manière invisible les besoins de confort contemporain. Nous retrouvons les cubes au sein du salon secondaire, insérant tout l’équipement Home Cinema mis en oeuvre par DSR (Lyon 6ème) – à l’origine de toute l’installation domotique et Hi-Fi traitée avec le système multiroom Nuvo – mais également dans la cuisine réalisée par Boffi (Lyon 2ème). Ces boîtes intelligentes réunissent toute la technologie et confirment la volonté première de tout intégrer, de dissimuler et de conserver le patrimoine. » Naturellement, les matières et les matériaux soulignent une multitude de savoir-faire : ébénisterie, peausserie, confection textile… « le choix des matériaux nobles était une évidence, pour que l’agencement et la décoration cohabitent avec le lieu. Au-delà de l’aspect purement esthétique, cela nous a permis de créer du rythme, d’équilibrer les proportions et de dompter ces espaces XXL. Raison pour laquelle, nous avons choisi des canapés Minotti, adaptés aux volumes avec des envolées de 4,50 mètres ou encore le mobilier XVL, ainsi que les luminaires hauts en tissus Stephan Davidts. »

Un extérieur imaginé au pluriel

L’espace piscine a été entièrement revu. « Il était important d’insuffler une nouvelle dimension indoor, mais également outdoor », souligne David Burles. « Les propriétaires, originaires du sud de la France, avaient pour ambition de retrouver cet art de vivre dedans/ dehors. » Ainsi, au gré des saisonnalités, un chemin d’ambiances se dessine. En demi-saison, le lien avec la cuisine principale demeure essentiel. La terrasse couverte plein ouest se plaît à distiller sa douceur de vivre en fin de journée. La cadence pierre de Bourgogne, Ipé et pelouse, conduit tout droit vers l’espace piscine de 15 x 5 mètres, pour devenir l’été venu la pièce principale, se détachant de la maison via le pool-house équipé d’une cuisine en béton ciré, d’un double réfrigérateur vitré, d’une plancha, d’un grill…

Le but : se projeter dans une maison de vacances. « Le pool-house a été volontairement travaillé de manière contemporaine, rappelant le concept des boîtes. Nous ne voulions pas rajouter une toiture au vu de l’existant, mais insérer une structure aérienne. Nous avons effectué un travail considérable sur l’aménagement extérieur, avec un système de restanques à même de valoriser la zone d’eau, en marge du parc arboré de 8 000 m2. Notre réflexion première a été de générer des ambiances, de définir une promenade évidente, avec une hiérarchisation des scènettes ponctuées par le mobilier Kettal. Et surtout, un jeu de ruptures et de liaisons, rythmé par les matériaux. Nous avons traité les espaces comme des volumes intérieurs, afin de remettre à échelle le projet. »

Le soir venu, une toute autre atmosphère s’exprime. Le luminaire Deltalight révèle encore une nouvelle facette de cette demeure aux multiples personnalités. Pour David Burles, cette scénarisation nocturne reste une de ses atmosphères privilégiées : « c’est une tout autre maison ! Les bornes lient les espaces sur les chemins de circulation. Pour insuffler un autre rythme, les zones annexes s’illustrent par des systèmes d’appliques, tandis que la façade principale est flattée par une lumière rasante générée par des spots encastrés. Nous ne sommes plus dans un éclairage fonctionnel, mais dans une véritable théâtralisation. Côté parc, les cèdres bleus sont mis en relief de manière plus poétique. La nuit, l’œil perd la profondeur du champ de vision. L’intégration de projecteurs permet de percer le rideau noir et de retrouver l’intensité des 8 000 m2. Aujourd’hui, c’est une demeure parfaitement ancrée dans le XXIème siècle, particulièrement agréable à vivre.»

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