En ce lieu, la conception voit double ! Imaginée par l’architecte Jean-Marc Demangel, agence Diagonales Architecture, cette maison contemporaine apprivoise le paysage avec ses volumes minimalistes et ses perspectives filaires qui ouvrent l’horizon des possibles.

Approches contextuelles

Une interaction entre l’architecture et la nature.

Pour insérer la construction au plus près de son environnement, Jean-Marc Demangel a créé un dialogue étroit entre la villa contemporaine et le terrain : toute l’approche architecturale de l’agence s’inscrit dans cette dynamique. Les interventions ne doivent en aucun cas dénaturer le terrain. L’élan conceptuel est impulsé par les contraintes, à l’instar de cette réalisation, qui tourne son regard sur la forêt en aval et la vue, préservant naturellement les volumes intérieurs de la route, en amont. De ce postulat, a émergé cette notion de contrastes : d’une part la recherche d’une sérénité, de la lumière naturelle, d’autre part cette volonté de protéger l’intimité des occupants.

De manière simple et éloquente, Jean-Marc Demangel a ainsi conçu un programme destiné à accueillir deux maisons de 150 m2 chacune. Oui, deux ! L’architecte nous éclaire : la particularité de cette conception réside en effet, dans cette double approche. Les propriétaires souhaitaient un lieu de vie pour évoluer en couple et à leur côté dédier un volume résidentiel à leur fille et sa famille. Nous avons donc créé deux maisons séparées, mais réunies par ce geste architectural pur, soit le monobloc filant sur 40 mètres de longueur. Nos hôtes du jour, le duo parental, nous ouvrent ainsi les portes d’une réalisation pour le moins singulière !

S’immerger pour mieux s’élever

De prime abord, la maison arbore une façade claire, en béton banché de bois decoffré, calepiné dans le sens de la largeur pour mieux asseoir sa dimension horizontale. Comme une faille, la porte s’ouvre sur un escalier plongeant : un volume tampon, à mi-chemin entre un hall d’accueil d’immeuble et le hall d’entrée d’une maison. Dans cet espace, témoin de la richesse des textures et des matériaux, se dessine une double peau, qui remplit sa part du marché, à savoir protéger les espaces intérieurs de la rue.

Grâce à l’intégration d’un puits de lumière, le soleil n’est en aucun cas occulté. Il glisse sur le béton brut, volontairement dénué de toute aspérité, afin que les rayons pénètrent jusqu’en bas, sans rencontrer d’obstacles, et puissent être captés par la baie vitrée. Cette dernière coulisse directement sur le salon et en enfilade les pièces de jour qui inversent le rapport précédent avec l’environnement extérieur. Ici, se crée un lien étroit entre l’intérieur et la terrasse, notamment avec cette continuité du béton banché lasuré, au plafond.

L’envolée de vitrages, scandée par des profilés saillants, s’apparente à de multiples cadrages, reprenant dans sa verticalité le rythme naturel de la forêt. Une interaction entre l’architecture et la nature également développée à l’étage avec l’enfilade de colonnades ponctuant la coursive extérieure. Comme perchée dans les arbres, la suite parentale domine la canopée et bénéficie d’une vue sans aucune limite. À ses côtés, l’architecte a créé une terrasse latérale qui permet de récupérer la vue, côté rue, via un astucieux ciel ouvert cadré directement sur le mont Peney.

Effets doubles

Dans cette réalisation, tout est en résonance. En premier lieu, les contrastes, matérialisés par le double socle – les espaces de vie principaux des deux maisons – mis en opposition avec le monobloc en béton banché de bois décoffré, teinté gris-beige. Mais également entre les pièces de jour, claires, et le bardage extérieur en aluminium noir mat. Nous avons pris le parti d’habiller ce soubassement avec de l’aluminium noir pour animer cette impression de suspension et alléger le monobloc supérieur. Et à la fois, pour gommer la différence entre les vitrages réfléchissants et les façades, créant une surface miroitante sur laquelle la piscine et la forêt peuvent se mirer.

Dans cette optique, la terrasse revêt des dalles de béton lasurées, finition minérale noire, à même de renvoyer la lumière vers l’intérieur et d’accentuer cette notion de continuité. La résonance s’inscrit dans la dualité, mais aussi dans l’analogie, avec de nombreux effets miroirs, à l’instar des deux escaliers marquant l’entrée et l’accès aux étages ou encore les deux espaces résidentiels qui se répondent à la perfection.


Photographe Erick Saillet

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