Cet été, nous convolons vers Ibiza, Eivissa dans sa langue natale. Derrière son goût immodéré pour les soirées enflammées, l’île des Baléares a de nombreuses facettes et, avec elles, une authenticité diurne qui résiste à l’envahisseur noctambule, entre finca, grandes propriétés rurales, galeria, cabanes de pêcheurs ou encore chalet, dont la vedette du mois : La Moreneta.

Dessinée comme lieu de villégiature par et pour l’architecte de renom José Ribas González, fondateur de l’agence barcelonaise Ribas & Ribas, cette villa, à cinq minutes à pied de la plage, nous fait remonter le temps en 1964, année de sa création. Un héritage patrimonial qui a su parvenir jusqu’en 2018, préservé par les Lyonnais Charlotte et Hubert, heureux propriétaires.

L’arrivée côté rue dévoile les prémices d’une architecture exceptionnelle. L’entrée pose le décor avec sa porte persienne et son vitrail préservé, filtrant la lumière naturelle du patio. L’escalier d’origine menant à la master suite a entièrement été rénové. Hormis les pièces découvertes sur place, l’ensemble du mobilier de la villa a été chiné de-ci de-là, aux Puces du Canal, à Lyon, sur les marchés espagnols ou dans les souks marocains, à l’instar de l’enfilade Knoll, issue de la première série en teck et en raphia, des années 50.

Origine architecturale

À quelques kilomètres de Sant Agustí, cette villa a vu le jour bien avant l’image d’« Ibiza » que l’on connaît aujourd’hui. Nous sommes au milieu des années 1960. José Ribas González, tout juste diplômé de l’École supérieure d’architecture de Barcelone (ETSAB), noue rapidement un lien étroit, personnel et professionnel, avec Eivissa – il sera d’ailleurs architecte pour la municipalité de Sant Josep de sa Talaia, au sud de l’île. Et de ses nombreux projets insulaires naît un geste architectural, mélange de modernité et de tradition, fusionnant le meilleur des deux mondes. Un style affirmé, donc, que l’architecte applique au chalet La Moreneta, dont le nom vernaculaire rend hommage à La Vierge noire de Montserrat, sainte patronne de la Catalogne. À l’origine, deux bâtiments, une piscine et un terrain de tennis se partageaient les 15 hectares. Soit la maison principale, l’actuelle villa, de plus de 300 m2, et une habitation plus modeste de 150 m2.

Maîtrisant l’horizontalité architecturale à la perfection, le bâtiment s’intègre avec subtilité dans cet environnement naturellement plan. Mais selon l’angle d’observation, la villa révèle une volumétrie riche et variée, rythmée par ses poutres et ses poutrelles apparentes, son mur en galets (empruntés aux plages avoisinantes), ses celosías (claustra en terre cuite) et sa coiffe rectangulaire, à l’étage, élément de liaison perpendiculaire entre la villa et le garage situé à l’entrée, à même de libérer l’espace nécessaire pour la généreuse toiture-terrasse. Cette dernière jette un regard à 360° sur le paysage, avec une vue exceptionnelle sur le cap Nonó et la mer. Orientées plein nord, les pièces de jour s’abritent naturellement de la chaleur et des rayons mordants du soleil méditerranéen, magnifiquement ventilées par une circulation optimale renforcée par les nombreuses baies vitrées à galandage – déjà à l’époque !

Toutes s’articulent autour du patio. À l’intérieur, le maestro a dessiné des meubles, des niches décoratives disséminées de-ci de-là dans les murs épais à la blancheur immaculée… En 2007, un promoteur immobilier fait l’acquisition de la vaste parcelle, décomposant les 15 hectares en plusieurs lots. Bien heureusement pour nos hôtes du jour, il laisse les deux villas en l’état sans même toucher à leurs trésors et à leur structure. C’est dans ce contexte de prédilection que Charlotte et Hubert entrent en scène en 2015. Passionnés d’architecture et de design, tout particulièrement des années 1950-1960 – Charlotte a une formation d’architecte d’intérieur –, nos hôtes tombent littéralement sous le charme.

Au rez-de-chaussée, l’espace nuit originel composé de trois chambres, distribuées par un couloir exigu, a fait l’objet d’une transformation. Ce dernier a été condamné et suppléé par trois salles de bains attenantes aux chambres, rendant de ce fait cette partie complètement autonome, accessible uniquement par la terrasse, avec un digicode à chaque porte-fenêtre. Les intégrations décoratives, dessinées par l’architecte dans les années 60, ont été préservées, comme les dressings en bois. Chaque salle de bains raconte une histoire différente avec des céramiques en résonance.

Transformation fidèle

Des deux habitations, les propriétaires n’ont conservé que la principale, laissant à leurs nouveaux voisins la piscine et le terrain de tennis. Puis, Charlotte a dessiné, modelé, décoré, à l’image de sa famille, les contours de la nouvelle villa. Son souhait premier était de conserver un maximum la structure originelle et l’âme du lieu. Pour matérialiser sa vision, le couple a eu l’idée de faire appel à l’agence Ribas & Ribas, qui aujourd’hui accueille les deuxième et troisième générations ! C’est la fille de José Ribas González, Inmaculada Ribas Folguera, qui a répondu en personne, non sans émotion. Avec les nouveaux plans en poche, les hôtes ont redonné à la villa son lustre d’antan et même plus encore !

Chaque élément, comme les baies vitrées à galandage en bois, les poutrelles de la pergola, les celosías (peintes en blanc), les volets et les portes persiennes, les niches et les intégrations décoratives, les dressings en bois, le vitrail de l’entrée, jusqu’aux meubles, a fait l’objet d’une attention particulière, au besoin déplacé, restauré et réintégré, à l’instar du patio réduit pour laisser la place suffisante à un salon et à une cuisine, plus généreux. Autres transformations, le sol uniformisé en béton ciré noir et également l’espace nuit du rez-de-chaussée composé de trois chambres, distribuées à l’époque par un couloir exigu. Ce dernier a été condamné et suppléé par trois salles de bains attenantes aux chambres, rendant de ce fait cette partie complètement autonome, accessible uniquement par la terrasse, avec un digicode à chaque porte-fenêtre.

À l’étage, la master suite, en lien direct avec le solarium, et une chambre-dortoir, située au-dessus du garage, remplacent la configuration initiale fractionnée en de multiples pièces. Côté décoration, Charlotte a choisi d’appuyer les intonations méditerranéennes, accentuant la blancheur des murs, assumant la céramique dans les salles de bains… Pour l’ameublement, le couple a gardé précieusement le mobilier laissé en l’état, comme les chaises de la salle de manger, ou le mobilier de jardin en osier, trônant sur la terrasse. Puis ils ont ajouté leur touche personnelle avec des meubles et des luminaires chinés sur les marchés espagnols, aux Puces du Canal à Lyon, dans les souks marocains, etc.

Mais, une chose leur manquait… une piscine ! Comme si elle avait toujours été présente, elle respecte l’horizontalité de la villa et la linéarité de 25 mètres de long. Tout de blanc vêtue, de la mosaïque à l’intérieur du bassin, au béton marquant la plage, elle offre, une fois à l’intérieur, de nombreuses solutions pour nager, patauger ou se prélasser. À ses côtés, la casita a été entièrement construite en résonance avec l’architecture de la villa.

Et si vous vous voyez déjà sur les chaises longues Zublena, aucun souci ! Cette villa peut être la vôtre le temps d’un séjour estival en famille ou entre amis : www.airbnb.com/rooms/14785280

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