Silhouette gracile, teint diaphane, cheveux platine et élégance intemporelle… impossible de passer à côté de l’un des jeunes designers les plus prometteurs de l’Espace29.

C’est à Bordeaux, dans ce regroupement d’ateliers d’artistes aux allures de squat situé à deux pas de Mériadeck que William Guillon partage son showroom avec Pierre Mounier (Mumo). Il serait trop complaisant de faire le parallèle entre l’allure androgyne et les créations sibyllines de William Guillon. Mais la facilité a parfois du bon.

Le talent de fer

Portrait de William Guillon. ©Judith Goyaud Schiltz
Portrait de William Guillon. ©Judith Goyaud Schiltz

Si vous fréquentez l’hôtel 5* Yndō ou le nouvel espace hybride Le Wooosh (expo, bar, club, restaurants), à Bordeaux, il y a de fortes chances pour que les luminaires et les chandeliers futuristes de William Guillon aient attiré votre attention. Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre que le maître à penser de ce génie aux mains d’argent n’est autre que le créateur du xénomorphe d’Alien, HR Giger.

Je suis fasciné par tout ce qui a trait à la science-fiction et à l’anticipation, et plus largement par ce qui touche aux utopies et dystopies, confie l’adepte du brutalisme architectural qui cite aussi bien Shuhei Endo que David Bowie et baptise ses collections Collapse et Ashes to Ashes. J’ai commencé à travailler l’acier parce que c’est tout ce que j’avais sous la main à l’époque où mon grand-père et mon oncle mettaient leurs chutes à ma disposition. Il fallait bien commencer avec quelque chose ! se remémore le designer de 28 ans tombé dans le chaudron enfant. C’est ensuite avec ses premiers stages que le jeune diplômé de l’ECV caresse les matières nobles : cuivre, laiton, bronze… avant de pousser les expérimentations plus loin.

« Équilibre et massif »

Qu’il s’agisse de pierre, de bois ou d’acier, la matière est au cœur du travail et de la réflexion de William Guillon. Juste avant d’évoquer ses projets, le designer confesse d’ailleurs deux névroses : l’équilibre et le massif. Un subtil jeu de balances sublimé par la matière… à moins que ce ne soit l’inverse : J’ai d’abord l’envie d’une matière, le béton par exemple, sur laquelle je me renseigne ensuite : la façon de la travailler, ses spécificités… avant de me demander ce que j’aurais envie d’expérimenter. Je conjugue ce que j’ai envie d’explorer avec les possibilités, tout en essayant de conserver un petit défi technique quand le projet s’y prête : bimatière acier et bois brûlé repoli ou mélange d’aciers dépolis de façons différentes, suspension en marbre… O.K., j’adore les GROS défis techniques en réalité !

William Guillon l’avoue volontiers : il est un vrai casse-tête pour tous les artisans français avec lesquels il travaille ! Non content d’être pointilleux, il n’exige rien de moins que l’impossible. L’audace du créateur tenace n’a pas manqué de séduire galeristes et collectionneurs aux quatre coins du monde : Philia Gallery (Genève), Kooku (Bialystok), Oak Gallery (Bordeaux), New York…

Son prochain challenge ? Étendre son univers à des objets chéris parfaitement désuets comme des serre-livres ou des presse-papiers sculptés : Qui les utilise encore aujourd’hui ?! Mais peu importe le risque commercial, j’aime aussi me faire plaisir et ne pas m’ennuyer. Et après ? Pour l’instant, je n’ai pas l’envie de faire des chaises ou des bancs, je préfère rester dans la lumière.
Le comble pour un homme de l’ombre.

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